J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCI.\LISTE 447 Au fond, la nouvelle élail si impré,u<'; ,•lie é.-lalail si soudaine qu'aussi bien on n·y cropil pas. Au resll•, Ioules les aulrcs informalionsrc~uesau ~linislère de la Guerre conlrcdisaicnl ù la cl(•pt'<-1,dce Dombro"ski. Le commandanl de la section _du l'oint du Jour &lait venu dire à Delescluze : « li n'y a rien d'anormal ». Le commandant à l'observaloire de l'Arc de Triomphe de l'l':loile avail produil la même uffirmalion cl,sur le lémoignagc de cc dernier, Delescluze, vers 8 heures, faisail afficher cela,·is plus quo rassurant:« L'observaloiro de l'Arc de Triomphe nie l'entrée des \'crsaillais. !Ju moins, il ne voit rien _qni y ressemble. Le commandant Henaud de la scclion vienl de quiller mon cabinet el affirme qu'il n'y a eu qu'une panique rl quo la porle c1·,\uleuil n·a pas élé forcée; que si quelques \'crsaillais se sonl présentés, ils ont élé repoussés. J'ai envoyé chercher onze balaillons de rcnforl, par aulanl d'officiers d'élat-major, qui ne doivenl le~ quiller qu'après les avoir conduils au poslo qu'ils doivent occuper». Les \'ersaillais avaienl beau jeu. Durant Ioule la nuit, ils étendirent el consolidèrent leurs positions. Passy el Auteuil furent d'abord occupés en quelque sorle sans coup férir. Dans la rue lleclhoven, un court engagement eul lieu où Assi ful fail prisonnier. Puis enle,·anl les barricades rudimentaires conslruilcs sur les quais el dans les rues a,oisinanles, les lroupcs de !'Ordre s'acheminèrent vers le Trocadéro, qui fui enlevé avant même que l'alarme ait élé jelée dans le compemenl fédéré. Les gardes nationaux laissi•renl arriver la lroupejusqu'au milieu d'eux, sans avoir rien vu. li en ful de m~me à l'Arc de Triomphe. Les fédérés y élaient occupés à mon Ier une balle1·ie sur le parapet des barricades circulaires; ils procédaient sans hâle cl mélhodiquemenl en gens cerlains que le danger ne menarail pas. Les balles sifnenl soudain à leurs oreilles cl ils n'ont quo le lcmps de déménager au lrol leurs canons à Ira vers les Champs-Élysées. Les soldats entrés sut· Jeurs pas relourncnl el braquent sur la terrasse des Tuileries les pièces abandonnées. Le Trocadéro également réarme, vise déjà dans 1~même direction. De son cùlé, le général de Gissey s'csl saisi sur la rive gauche de loul le XV• arrondissement el a poussé jusqu'aux approches de la gare Montparnasse. Aux premières lueurs du jour, il occupe le Champ de Mars, !'École Militaire et s'empare des ponls de Grendle cl de !'Alma donnant ainsi la main aux troupes de \ïnoy qui filcnl le long des quais de la ri,·c droite. DEllBll';n1-: LES llARRlCAOES 11 faut se rendre à l'évidence. Les remparts sonl forcés. L'ennemi esl dans les murs. Plus de cinquante mille hommes de troupes régulières ont déjà pénétré el liennent un cinquième de la capilale. t:n soleil rndieux inonde la chaussée qui partout s'encombre d'une foule anxieuse cl agitée. Le tocsin aonnéà tous les clochers; le tambour bal dans lous les quartiers el le canon

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