J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

438 HISTOIRE SOCIALISTE ,'gaiement à lïmpuissancc les demi-fous comme Lullicr ou les aventuriers comme du Bisson cl Ganicr <l'Abin qni méditaient de sauver la Révolulion en la confisquant à leur profil avec le concours cl l'argent de Versaille~. Par contre, il ne saura cl ne pou,-ra vaincre celle aull"Cconspiralion éminemment plus dangereuse qui, multiforme el diffuse, avail son siège aux salles de rédaction de tous les jour!'aux bourgeois, aux tables de tous les cafés des boulevards el incessamment créait autour de la Commune une almospl,ère de suspicion cl de désaffection. Les mesures visant les feuilles qui insultaient chaque jour les bataillons fédérés ou dénaluraienl les délibérations de l'llôtcl de Ville n'y feront rien; non plus le décret du Hi mai qui astreignait les citoyens à èlre porteurs d'une carte d'idenlilé (carte civique) qui leur devait Nre délivrée par le Commissaire de police de leur quartier en présence el sur l'alleslalion de deux témoins. Les feuilles anti-communcuses supprimées iront s'établir à Versailles, d'où elles cxpédieronl quotidicnnemenl à Paris leur papier noirci des m~mes attaques fielleuses ou furibondes. La carle civique deviendra matière à brocards et à chansons el nul ne s'en pourvoiera. Pour rendre ces mesures el décrets exçcutablcs, il cul fallu au Comité de Salut public un pouvoir de coercition à lui conféré par la volonté résolue et agissante de l'ensemble dos éléments révolulionnaires, pouvoir donl la Commune n'avait jamais disposé et dont elle disposait moins encore en celle période angoissante el trouble, où tous, amis comme ennemis, sentaient venir la fin. Le désordre el l'incurie, qui sont partout désormais, atteignent leur maximum au ministère de la guerre, où Delescluze vient de pénétrer. Le vieux jacobin apporte avec lui son stoïcisme, son dévouement Ol sa foi; mais cela no lui servira à rien qu'à bien mourir. Les compétences techniques lui manquent aulanl qu'à personne, la santé aussi, la vigueur juvénile qui permet de défier les fatigues el d'entrainer les autres à les affrnnler avec soi. Pour galvaniser le rcslanl de forces militaires que la Commune possède, et prendre les dispositions en vue du combat suprt'me, il n'est pas l'homme. Il a à lutter incessamment contre les empiètements du Comité central redevenu arrogant comme aux premiers jours; el à l'État-Major peuplé des anciéns mandataires de Cluserel ou des anciens camarades de Rossel, aucun ne le seconde. Impuissant, il assiste aux progrès méthodiques de l'armée versaillaise qui de plus en plu5,se rapproche des remparts, qui y louche presque en maint endroit. Le 13, le forl de Vanves est lourné. Duranl la nuit, la garnison l'évacue, s'enfuyant par des &outerrains qui comrnuniquenl avec des carrières ouvrant sur la roule de Chùlillon. Le-14, au malin, les soldats de l'ordre hissaient leur pavillon sur le fort en ruines el le réarmaient du côté de Paris. En ce même jour néfaste du 13, la notlille qui appuyait énergiquement de ses démonstrations sur le neuve les mouvements des fédérés, es8uie un gros échec; une de ses unités, l'E.,toc, est coulée bas et la nouille Ioule entière est obligée de reculer jusqu'en aval du pont de la Concorde. A l'Ouest, aussi, Dombrowski perdait du terrain. Une partie de Leval-

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