J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

436 IIJSTOIRE SOCIALISTE sion de ln Guerre: Arnol<l, Avrial, Johannard, Tridon el Varlin, se rendit pour cet office au ministère. Le vieux Jacobin n'était pas sons tendresse pour le jeune délégué. Après un long entretien, il le laissa libre sur parole cl le commit à la garde de ses colli•gucs Avrial cl Johannard. Le lendemain, Rossel arrivait à l'i lcilel de Ville, nanqué de ses deux gardes du corps, à l'heure où la Commune réunie lui subsliluail Delescluze, HOmmé par 42 voix sur JG, cl rcmplatail cc dernier au Comité de Salut public par Billioray. Proposition fut faite d'introduire le pré,•enu en séance, mais 26 voix contre 16 s·y opposèrent, cl il ful décidé qu'il serait, sur le champ, écroué à ~Lazas. A ~lazas ! Le prisonnier, à l'inslanl où la Commune slaluail ainsi sur son sort, avait déjà pris la clef des champs. Pro!ilanl d'une absence momentanée d'Avrial, à qui il ,·enail du reste de« jurer sur son honneur de soldat de ne pas s'évadrr » el reslé seul avec son ami, Charles Gérardin, il avait cédé aux sollicitations de celui-ci, qui lié la questure, sauté dans une voilure el disparu. On n'enlendra plus parler de lui que quelques semaines après, quand les mouchards de Versailles le découvrironl dans sa relraile el le traîneront en prison. li passera alors, après urle douloureuse captivité, devanl les tribunaux de répression de la réaction lriomphante· cl paiera lrès noblement de sa vie sa parlicipalion à une révolution à laquelle, au fon,I, 'malgré le rôle de premier plan, qu'il y joua, il ne s'élail mèlé que pat· el't·cur, en homme d'ailleurs, allant ailleUl's. Véritable délirant patriotique, il ne saisit rien du mouvement où il s'était jeté en dégoût des généraux traitres cl l:\chcs qui avaient mené la France au démerobremenl cl à la ruine cl dans l'espoir que la guerre contre l'envahisseur allait reprendre avec cl par Paris rebellé el que de celle guerre il pouvait être le Bonaparte. A l'épreuve seulement, il comprit qu'il avail rêvé; il se heurta, dans ses desseins J'inslauralion d'un pouvoir militaire, à plus fort que lui, parce que seuls élaienl vivants dans la Commune ceux qui étaient communeux el il abdiqua, en plein combat, fuyant el reniant un milieu el une action où il s'était découverl à lui-m~me étranger. La chute de Rossel nous a conduits au 10 ~ai. A celle date, la Commune n'a plus que dix jours de vie. C'est l'agonie qui commence. Le second Comilé de Salut pu_blic, mieux composé que le premier - Pyat n'en est pas el c'est beaucoup - sera aussi inexistant el incapable. Vient une heure, en effet, où tout effort esl par avance frappé de stérilité. Le Comilé déjouera sans doute certains des complots formels tramés contre la Commune; il arrùlera plusieurs des coupables, appréhendera nolammenl les auteurs de la conspiration des brassards tricolores qui manœuvraienl du reste presque à' ciel ouvert, s'assUl'cra de l'espion Vaysset (1) el de quelques autres. 11 réouira (1) Celui-ri t1Yait pour misi;ionde débaucher Dombrowski moyennant finan<'«"S, LI fin hérolque dr l'officirr polonui,; prom'C ~urahondammt'nt que Versailles avaiL com1>tésans son bôlc. Quanl à V11,yssct,Wmbéentre il'!J mains de la Commun<',il fut r.x&.:utC Jl;Ur Ir ture•plein du Pont-X~a,. Ill cours de le;t.Cmaine11-oo~lante, ·

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