J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE Nous n'en donnerons pos le lexlc, mais nous rnppclerons que son élaboration avait élé confiée ù un trio 'rort disparate, formé de Delescluze, Thcisz cl Jules Vallès. Vallès a raconté, sur celle collaboration, une petite anecdote très srnlimcnlale, dans laquelle il montre Delescluze arrivant écrasé par la maladie, les doigts lrernblanls, loul p3le el, d'une voix grave et lfisle, disant à Theisz el lui : « Les vieux doivent s'cflaccr devant les jeunes. Rédigez la lléclaralion sans moi, loin de moi. Je suis sùr que vous y mettrez Ioule volrn conviction el loul votre cœur ... Seulement, tenez, l,lchez de glisser dans votre rédaction quelque chose de ce quo j'ai écrit sur cc papier. Cherchez ma pensée dans cc brouillon ... \'ous al'Cz peul-èlrc raison, je représente ll'S idées de l'autre sii·cle. Pourtant, croyez-moi, il ne faut pas hacher, en ce moment, le cœur de la Potrie. C'est comme si on hachait le mien 1 » L'anecdote csl jolie; mais, en réalité, si cc no ful pas Delescluze qui rédigea la déclaration, ce ne fut pas Theisz non plus, cl mème pas Valli•s. Ce dernier, paresseux comme un a,•tisl.t', s'en élail remis pour la confection à un quatrième personnage, son co-rédacleur au Cri du Peuple, Pierrn Denis, qui travaillait d'arrache-pied dans les programmes, conslitulions cl chartres. Pierre Denis, féru d'aulonomismc cl de l'édéralismc, Pn sema à pleines mains dans sou factum. Si la Commune avait cru devoir discuter, il est à penser que le document au rail subi de fortes retouches; mais elle n'en était plus à l'heure où l'on ergote el où l'on disserte. La rédaction proposée fut acceptée presque sans discmsion, comme l'eul élé probablement loul autre, ml'me de tendances dirnrgcntes. Soul Lefrançais qui élail orfèvre chicana quelque peu. Pour ceux qui ne méconnaissaienl pas le tragique de la' situation, autant valait celle proclamation qu'une autre; l'important n'était pas' de définir doclemenl le mouvement, mais de lui permettre de durer el de se développer. La déclaration, nous le répétons, passa comme une lellre à la poste, sans que nul se doùtal que les exég'lles de l'avenir tiendraient ce document pour le testament de la Révolution el s'efforceraient à poursuivre entre ses lignes l'intention socialiste qui en csl quasi abscnte(l). C'est peine perdue, en eflcl, que de chercher le socialisme de la Commune dans lcs,délibéralions de ses élus à l'llôtcl de \ïile, dans leurs déclarations ou meme dans leurs actes, alors qu'il no se lrouvc que dans sa lulte armée qui bientôt assumée uniquer(lenl par les prolétaires, à l'exclusion de tout autre élément, devenait obligatoirement une lulle ouvrière el ne pouvait, en conséquence, avoir d'autre aboulissanl qu'un aboutissant socialiste perturbateur de Lous les antiques rapports entre Capital cl Trarnil cl radicalement rénovateur. Sans doute, ils n'émettent donc pas une appréciation erronée ceux qui accutll A la ri'1,'ut>uro, n p('ul b tronnr indiq~e. mai,; roml>if'H llÎ~('rl•tenwut, daut..('f'.: troi, lii.,•'YH"'-: • Pui,- ~ réM·r,,e de ('rCerde, in-.tilulions proprelî.,. ù uni,l•r,flliscr lt"1ltm,oir et la propri,:lt:, l)uic nn1.)c• uâ:e:1.ités du wouH ut, le \·o.:u des intfrc1>M'is t·l les donn~es fourmes p-:1rl'npéricnce. »

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