122 HISTOIHE SOCIALISTE un rapport établissant « les conditions pratiques de la prompte mise en exploitation de ces ateliers, non plus par les déserteurs qui les ont abandonnés mais par l'association coopfrative des lravaillcu,·s qui y élaienl employés». Les Chambres syndicales étaient, en out,·e, invil(•es à élaborer un projet de constiLution de ces nouvelles sociétés cl à former un jury arbitral qui statuerait, nu retour des patrons, « sur les conditions de la cession <léfiniiivc des ateliers aux sociétés ouvrifres et sur la quotité de l'indemnité qu'auront à payer les ~ociélés aux palrùns » (1). ~Jalheurcusemenl cc décret resta presque complètement lettre morlc. Les préoccupations do ses auteurs, comme celles des syndicaux qui auraient pu le mettre en mu,.,.e, étaicnl ailleurs, à la balaillo. Qui songera à les en hl,\mer. On a aussi reproché à la Commune, cl c'o.sl le lien peut-Nro d'examiner cc grief, ,le ne s'être pas définie, de n'avoir pas, dans un documcnlqui reste el qui marque, buriné son programme, gravé pour la postérité cc qu'elle était dans son csl!cnce, les buts où clic tendait, quel mondri nou,·cau clic portail en ses flancs. La Commune ne dit rien à cet égard ou peu do chose, parce qu'rllc n'avait rien ou peu à dire. C'était, est-il besoin tic le répéter, une a~sembléc exlr~momonl composite où l'élémonl autoritaire jacobin coudo)"ait l'élt<monl international fédéraliste et proudhonien, ou peu d'homnws avaient le sens exact do la situation immédiate, moins encore l'intuition des événements subséquents que la Hévolulion ùu l:i mars préparait et annon,;nit._Un document un, Haimcnl caraolérislique d'une époque cl d'une tendance ne pouvait guère sortir do ses délibérations, à plus forte raison une charte constitutive <le la société de demain. Ceux-là, du reste, qui possédaient à l'llôtcl de Ville le sentiment le plus l'if des réalités, répugnaient à toute promulgation d'un credo d,octrinairc. lis estimaient que cc n'était ni l'hc11re, ni l'endroit d'interpréter la direction cl la portée d'un mouvement auquel il n'y avait qu'h se livrer en tnchanl de l'activer cl do l'inlcnsifior. A leurs yeux, toute proclamation, toul appel de valaient quo comme glose qplicalivp des évrnomcnts apportant aux masses un mol de ralliement simple el court, do tous compris. La lacune est donc évidente, cl cc n'est n!~me pas la • Orclaration do la Commune au Peuple fran,;ais II qui ln comblera. li faut. en offol, posséder les yeux do la foi pour voir en ccl exercice do style, comme certains l'ont fait, la traduction claire cl consciente do l'obscur vouloir qui animait nu combat lei lra,.ailleurs pa,·isiens ineurg(,s, Le~ uulcurs do col e,e,·cico eurent à peine po111· lcnr compte celle ambition, cl la Commune moins encore, quond ollo y donna sa sanction. Toutefois, commo lndilÔ Oéclorplion tient trois pages ot plus dnns la plupart des histoires do la llévolulion du 18 mars, on ne peut, d6commcnt, la passer eomp!N~mont sous silence. {l1 t'lnt,·rdic1ion dutrarnil dr nuil d:1ns le~ ho11lru1.'(1'ries,•dé·rétt1',1•111r l'initintivr de Tridon, M' rapporteau même ordre de pré()('cupatiom,.
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