J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALJS'l'8 explicite padan! N leur personne, il l'était µlus rn<'orc parlant à la France. Dans ses l~l(•grammes à ses pr6fels il affcrlc de bi,·n montrer que conciliation cl lran•acllon n·occupenl aucune place dans son esprit, que cc sont billew.•écs aux,p1cllcs un homme hon1H'le el sérieux ne peul s'an'<'ler. Le 11 avril, après avoir vu les délégués des Chambres syndicales. il écriL: « Hien de nouveau ..... il n'y a de conspiration contre la Hépublique que de la pari des insurgés de Paris; mais on prépare contre eux des moyens irrésistibles el qu·on ne cherche à rendre tels que dans le désir d'épargner l'effusion du sang-». I.e 1~ anil, ayant reçu la , isilc des délégués de /'l'nion Républicaine, il en prend lexie précisément pour les déclarai ions que voici : « L'insurrection donne plusieurs signes de fatigue cl u·épuiscmenl. Bien des intermédiaires sont venus à Versailles porter des paroles, non pas au nom de la Commune, sachant qu'à ce litre ils n'auraient pas m~me été reçus, mas au nom des républicains sincères qui demandent le maintien de la Hépublique, el qui voud.-aicnl voir applique,· des lrailemenls modérés aux insurgés Yaincus. « La réponse a été invariable. Personne ne menace la république si cc n·esl l'insurrection elle-même; le chef du pou,·oi1; exécutif pcrséverera loyalemenl dans les Mclaralions_qu'il a faites à plusieurs reprises. Quant aux insurgés, les assassins exceptés, ceux qui déposeront les armes auront la vie sauve. Les ounicrs malheureux conserveront, pendant quelques semaines, le subside qui les faisait ,ine. Paris jouira, comme Lyon, comme :\larseillc, d'uue repréS•'nlalion municipale élue, et, comme les aull·es I illcs de France, fera librement les alTaires de la cité; mais, pour les villes comme pour les citoyens, il n·y aura qu'une loi, une seule, el il n'y aura de privilège pour personne. Toute lenlali\"C de sécession essayée, sur une partie quelconque du lerriloire, sera énergiquement réprimée en Frnnce ainsi qu'elle l'a i•lé en Amérique ». l.-nc chose plus que Loule autre avait contribué à procurer à Thiers celle assurance el celle arrogance : l'allilude prise par les élus r~publicains el radicaux qui représcnlaienl Paris à l'Assemblée nationale. Défalcation faite des quelques-uns: Delescluze, Cournel, Pyal, Malon, Hazoua, )lillière qui avaient rejoint plus ou moins expressément la Commune, el de Clemenceau, Floquet cl Lorkroy qui venaient d'e1n•oyer leur démission pour agir plus librement, prélendaicnl-ils, le reslanl n'avait pas ""'me l'air de se douter qu'on bombardait leur ville cl leurs électeurs. Ceux-là s'appelaient Louis Blanc, Edgar Quinet, Peyrat, Edmond Adam, Dorian, Henri Brisson. lis ayaicnt une notoriété, une autorité auprès de la démocralie fran~aise Ioule entière. Il cul rnffi que, sans entrer le moins du monde dans le mou,emenl comrunnali~le, ils pr~lassenl leur nom el leur appui à la Ligue républicaine pour donner figure cl consistance à l'rnlervcnlion de la bourgeoisie en faveur des droits de la capitale cl obliger le Pouvoir central à entendre cl à traiter. Leur adhésion eut cnl.-aîné immanquablement celle de toutes les grandes villes qui avaient les yeux fix~s sur leurs persooncs, les considérant comme les chefs

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