J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

:1/lti li lS'fOll'h, SOCIALISTE conseillait, arnHH du moins Pa,·is pour la défcnsivt•, si spljdcment cl si efficacement, que l'c111wmi s'élcrnisûl devant les retranchements populaires. Cela étail possible sans génie, sans capacités cxlrao,·dinaires, avec de la méthode, de l'application el de la bonne \'Olonté. Cluseret s'enferma dans une inaclion complt'lc, laissant aller les cho,es à la uérive, ne se préoccupant mèmc pas de répare,· les brèches aux remparts, cl de garnir ceux-ci des bouches à feu qui se l'Ouillaicnl dans les parcs. moins encore de construire à l'intérieur de la ,·ille la double ligne de barricades pourtant prhues. Toutes choses aiséeg il ,•xécutercepeodant, qui auraient rendu l'accès de la capitale presque inahordublc à une armée, 1nt.\mc victorieu~t! cl (1ui1 prolongcanl indéfinimcnl la résistance, aurait donné à la pro\'ince le temps de se ressaisir, la possibilité dïnter- \'Cnir. (_)uand les événements, un de ces incidents lels quïl s'en produil en période ré,olutionnairc, curenl précipité Cluserel du pouvoir, l'eurent conduil du mini,ti·re à la prison, il avait gûché misérablcnicnl les quclyues semaines <1ucle sort avail accordées à la Commune pour organiser sa défense. Il a,·ait irrt!méJiablcmC"1;l compromis la situai ion. Cluseret fut donc coupable. Oïncapacité, du moins. Hieu n'est venu, en effet. justifier les accusations. celles-là infàmantes, portées contre lui el étayées sur cette base un peu r,·agilc de ses relations avec \\·asht,urne, le représentant des l~tats-Cnis à Paris, auquel l'Empire allemand avait conlié la garde provisoire des intérèts <le SPS nationaux. Mais cette culpabilité ainsi déiinie, la Comm111w,en tant que collectivité, la partage avec le délégué à la Guerre. Malgré les a, crlissemenls qui ne lui furent pas épargnés, en dépit des faits plus pl'Obanls encore qui auraicnl dù appelet son attention, provoquer son intervention, elle ne se p, éoccupa que par à-coups de la gestion de l'homme qui tenait en mains son propre destin; elle ne réclama pas de compte, laissa allPr, laissa courir. Elle mérita ce qui advint. En ces jout·s d'attente el de répit approximatif, où les événements décisifs se préparent sans que les élus r1ui sont à la i/a1-repou'rtanl a,ent l'air seulement de s'en douter. l'IJtltel de \ïlle donne un spectacle à la fois douloureux , l lamentable. Les meilleurs dP la Commune, ceux qui auraiPnl pu lui communiquer vig-ueur cl raison, sont le plus souveni abscnls, occupés à leurs l..\ches particulières, rivés à leurs fonctions spéciales: Jourde aux Finances, \'arlin el Avrial à lïntcndancc, Frankel au Travail et à !'Echange, Ferré à la Sùreté générale, \'aillanl à rEnseignemcnt, Thcisz aux Postes, Bcslay à la Banque. IJ'aotres sont terrassés par la fatigue el éloignés par la maladie comme Delescluze, comme Tl'idon. D·aulres encore avec Lcfrança1s, avec Vermorel, avec ~lalon, a,·ec J.-B. Clément, avec llanvicr el Gambon, fréquentent les avantpostes, voisinent avec les comballanls. las, dégot\tés des querelles inleslines et cro)anl à torl que c'est sur la ligne du feu, face aux· \'e,saillais que le devoir les convie. Les séanœs sont le plus souvent le néant. Elles se passent en discussions vaines, en motions et interpellations sans suite oi snnclioo, ea

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