J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

3;;1 HlSTOlllE SOCIALISTE La di, ision Bruat, venue par \ïlle-d'A,•roy el Monlreloul, rejoignait la brigade Uaudel, descendue por La Celle-Saint-Cloud, Bougival el Hueil, flanquée à sa gauche par la brigade de cavalerie Gollifet. Des pentes du ~lonl-Valérien, \ïno) a,·ait poussé ses canons dans la direction de Courbevoie, devenu le principal objectif de son oflensive, et il lançait le 7-1•de ligne sur la barricade du rond-point défendue par quelques centaines de fédérés à peine. Reçu de pied f,·rm~, le ï-1•, malgré l'appui de l'artillerie, reculait el se débandait, el il fallait lïnte,wmlion de Vinoy, en personne, se jetant sur la chao~sée, pour le r~mener en ligne. l·n bataillon de marins preooil alors les devants el la barricade était enfin emportée par les marins el par le 113• qui occupait en même temps la caserne de CourbeYoie, tandis que l'infanterie de marine prenait position dans Puteaux. Les fédérés, accablés sous le nombre, avaient reculé ju&qu'à l'avenue de :-ieuilly qui, en un clin d'œil, fut balayée par une trombe de fer. Plusieurs bataillons, notamment le 93• du Faubourg Saint-Antoine, le 118• de 13ellevillr el le 119" du \'al-de-Grâce souffrirent beaucoup, el quelques obus allèrent tomber dans Paris meme. A l'approche des fortifications, les fédérés se reformèrent el l•ois baloillons étant accourus par la Porte-Maillol à leur secours, l'ennemi put etre contenu .. \u reste, il ne semblait pas soucieux de leolcr l'escalade des remparts. Pendant une partie de l'après-midi, les deux troupes demeuo·èrenlen présence sur leurs positions res_pectives, el vers le soir les Versaillais se replièrent dans la direction du )!ont-Valérien. ~ous savons que les assaillants engagèrent 30.000 hommes dans celle affaire. Cette masse considérable s'était heurtée à un simple rideau de fédérés, a ou 4.000 au grand maximum, déployés de Puteaux à Asnières, el dépourvus de Ioule artillerie. L'issue ne pouvait être douteuse. Versailles sanctionna cl souligna sa victoire, en fusillant sur le champ, sans jugement, les gardes nationaux faits prisonniers. Ce premier assassir,al doit être porté à l'aclif de la gendanperoe el aussi de la lroupe, puiS((ue Thiers, qui bienlôl eut le front do nier ces exécutions sommaires, écrivait dans une dépêche datée de 5 heures du soir el adressée aux autorités de province: ,, L'exaspération des soldats était extrême el s'est surtout manifestée contre les déserteurs qui ool été recooous •· Toul Paros, cependanl, était debout. Le bruit de la canonnade avait jeté dans la rue jusqu'au plus indifférent el au plus paisible. Aux faubourgs, particulièrement, l'agitation était extreme. Le rappel el la générale faisaient rage. A chaque carrefour, les gardes nationaux, le fusil sur l'épaule, se rejoignaient, se massaient, et formés en bata,llons, s'acheminaient Yers les remparts de l'Ouest. En hMc, des pièces à feu étaient pousséès dans la même directioa el bissées sur les bastions. A 5 heures de l'aprt's-midi, plus de cent mille fédérés en armes occupaient les grandes arleres qui a,·oisineol l'Arc-de-Triompbe de l'Éloile, pleins d"enthou~iasme el d.élan, réclamqol la sortie immédiate, brtllarll de prendre l'otTeDllive. lleaucoup de femmes avaient eaiwi, encourageaat,

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