J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IIISTOlHE SOCl/\LISTF: TIIIEllS A I.A BESOG'\'E Thiers escomptait-il pour sa politique de meurtre le contre-coup de l'émolion que ses provocations devaient déchainer·> Méditait-il ainsi d'acculer la Commune aux résolutions du désespoir? C'est possible, c'est môme ccr'lain. Pour s'en convaincre, il suffit de rnlcvcr ses paroles cl de s'enquérir de ses machinations à dater du jour· de sa fuite, qui clic-même ne s'explique que par son ùpre désir de pousser à l'exlrùme le conflit el d'obliger la Révolution à livrer bataille rangée. Qu'il se soit prêté à la comédie des maires négociant en vue d'élections avec le Comité central, c'est iodéniaule. Il savait trop bien qu'il n'y avait là qu'amusclle, dont l'acte final n~ l'inquiétait guère, puisqu'il tenait en ses mains les ficelles des premiers r.:lles du parti de l'ordre qui grimaçaien l alors sur la scène parisienne: Tirard, Langlois ou Saisset. Mais dès le paclc conclu entre les maires el les représentants de la garde nationale, c·est-àdirc dès Paris rentré dans ce que l'on est convenu de dénommer la légalité, que dit Thiers·! Que fait-il? Sa première manirestation est une déclaration de guerre. !t y calomnie ~l y insulte à la fois el. par avance, cherche à infirmer le verdict que les électeurs vont rendre. Dès le dimanche, 2G mars, il télégraphie à ses préfets, en une circulaire que toute la presse provinciale reproduira le lendemain : « La France résolue et indignée se sern• autÔur du gouvernement el de l'Assemblée nationale pour réprimer l'anarchir. Celle anarchie essaie toujours de dominer Paris. Un accord, auquel le g-011,·ernemcnt est resté étranger, s'est étabh entre la prél~ndue Commune el les maires, pour en appeler aux él~clions. Elles se feront aujourd'hui, proh:i~lemenl sans liberté, et dès lors sans autorité morale; que [P pays ne s'en préoccupe point et aiLconfiance. L'ordre sera rétabli à Paris comme nill,'ur, "· Le 28 mars, nouvelle circulaire moins oulrageantr. peul-être, car 11,omm,, a peur à cel inslant; il doute: les './30.000 élecleurs qui se sont portés 1,, 2ô ,,., scrutin lui ayant donné à réfléchir, mais donl le ton reste quand mèmr de ddi cl de menace: u A Paris, mande-t-il, il règne un calme tout malériel. « Les élections auxquelles uue partie des maires s'étaient résignés. onl élé désertées par les citoyens amis de rordre. Là où ils ont pris le parti de \'Oler, ils onLobtenu la majorité, qu'ils obliendront toujours, lorsqu'ils voudrnol user de leurs droits, on va voir ce qui sorlira de ces illégalilés accumulées. « ...•• Uu reste, si le gouvernemenl, pour éviter le plus longtemps possible l'ellusion du sang a temporisé, il n'est pas reslé inactif el les moyens de rétablir l'ordre n'en seront que mieux préparés el plus certains. » Le plan de Thiers est donc bien de séparer Paris de la France et d'ameuter la France contre Paris. Il écarlc toute pensée de compromis-, en condamne jusqu'à l'espoir, manœuvre pour amener le pays à celle conception que les Parisiens sonl des brigands et qu'on OP parlemenle pas et ne compose pas avec

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