lllS'fOIH8 SOCJ.\LIS'r8 pirrs. d·un second inv<'slissemenlavec ses aA"rcuscsconséquences: bombardement, rationnement, famine el le rcslc. ;;ilôl apr/>s la fuite de Hampont, une délégation des commèrçanls s'en élail venue trouv~r la Commune. L<·franc;aiscl Vaillanl, avec Theisz, la rc<;urcnlau nom d<'la Commission exécutive. La Commune, il va de soi, ne pouvait pas el ne \'Oulail pas s'associer à une démarche directe auprès de l'Assemblée rurale; mais elle autorisa les délégués des commer~anls à se rendre à Versailles el à y proposer un arrangement auquel elle déclarait souscri,·c pour son compte. Aux krmcs de cel arrangement, le service postal :iurait été, jusqu'à nouvel ordre, dirigé par des mandala ires choisis par l'ensemble des commerçants el industriels parisiens. En oulre. deux contrôleurs généraux auraient élé nommés, l'un par l'Assemblée nationale, l'aulie par la Commune, pour surveillPr les recelles et en répartir le montant au prorata, selon le;; règles consacrées, entre les ayants droit : la ville de Paris cl l'Etat. Cel arrangement aboutissait, en somme, à la neutralisation du service des Postes dont le fonctionnement demeurerait ainsi assuré, quoiqu'il arri\';11. La Commune se prèlail donc de bonne gn1ce à une transaction fovorablc aux inlèréls génfraux, mais Versailles n'imita pas l'exemple ainsi Jonné. Thiers se montra sourd aux sollicitations des 3mbassadeurs :1ui lui furent dépèchés. Presque brnlalemenl, il les éconduisait, sans mème le souci de masquer par une bienveillance feiolc le dédain supérieur qu'il professait pour les besoins de la capitale, que ces besoins fussent ccu., de la « vile multitude» ou de la classe moyenne. Ceci étant, il r.e restait à la Commune que d'aviser à réduire le mal à son minimum. C'est cc qu'elle fil en confirmant la nomination de Theisz à la direction des Postes, au lieu cl place de Hampont. L'ouvrier Theisz s'en tira à merveille; en quaranlehuil heures, aidé par tout le petjl personnel qui l'avait rallié, il rétablit les communications dans lïnléricu1· de la ville. Des ;gênccs particulières se chargèrent comme elles purent de faciliter les communications avec la province. Le conlrasle entre l'alliludc des deux pouvoirs, celui qui siégeait au cœur de la cilé, à l'llôtel de \ïllc révolutionnaire, el celui qui s'abritait, à vingt kilomètres de là, dans le palais de l'ancitnnc monarchie absolue, venait en tout cas de se révéler trop tranché pour que les imaginations les plus paresseuses n'en aient pas élé ébranlées. A cc moment, autant qu'au 18 ~lars, Pari~ loul enlier, peul-on dire, sentit le péril, cul la perception nelle de l'ennemi, d'un ennemi •1u'il ne s'agissait plus de chansonner ou de ridiculiser, mais contre lequel il fallait marcher el qu'il fallait abattre pour soi-mème viHe, respirer cl se moyvoir à l'aise. La guerre civile, que beaucoup jusque-là s'étaient refusés d'envisager comme possible, se dressait dans la pensée de tous comme inévitable, comme la solution fatale el la seule issue.
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