J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE :113 talion n"élaienl pas pour la Commune: ln classe moyenne obsen·ail déjà une altitude de froide rfserve; mais, en tous cas, el m~me dans les rnngs bourgeois on n'eut trouvé personne en CPS derniers jours de mors el premiers jours d'a,·ril qui tint pour Thiers el sa bande. Le gou,·ernemenl des ruraux était univer~cllemenl haï, méprisé el conspué. Pour Nre fixé à cet endroit, il sufÎII de parcourir, en dehors des feuilles nellemenl acquises à la cause révolutionnaire, les quinze ou vingt journaux politiques de Ioule nuance, qui se publiaient à l"époque dans la capitale. Les organes de droite pure se taisaient, les autres moniteurs officiels des intérNs bourgeois affichaient à tout le moins une impartialité cl une objeclivilé prouvant que leur clientNe demeurait dans J'expcclative el n'eut pas toléré une approbation de l'œuvre de réaction qui, commencée par l'Assemblée ,alionale à Bordeaux, se poursuivait à Versailles. Par conlrc. les démarches premières de la Commune avaient été plulol ra,orablemenl accueillies, non seulement dans les milieux prolétaires, mais aussi dans les milieux intermédiaires: par le commcr9anl, le boutiquier, le façonnier, qui pulullaienl ulors comme aujourd'hui, plus qu'aujourd"hui. La proclamation par laquelle la Commune s't1tail annoncée avait plu. Elle étail dans le Lon,habile, polili,1ue, sans exposé théorique, sans étnlal(e pompeux de principes el de doctrines. Elle présentait les faits dans leur vérité cl indiquait en traits sobres les mesures déjà prises ou qui allaient être prises pour remédier au, maux les plus cuisants dont souffrait la population, sans acception de classe ni de personne. Que ces mesures dus~enl bénéficier surtout à la portion la plus misérable, aux prolétaires salari, 1s : aucuu doute. Cependant, les auh·ès calégories sociales : petits renli<'rs, pelils palrons 1 fonctionnaires, commerçants y devaient aussi trou,·er leur compte. El des décrets étaient venus, dans les quarante-huit heures, appuyer celle proclamation, la traduire en actes. Ces Mc,rels se, référnienl aux problèmes du moment posés par les calamités, les dé~aslre~. lcci,ruines, les misères que la g-ur1-rf" cl le sil•gc avaieul engendrés. lis visaient les questions urg,'nlPs, pa.-isi.-nm·,, que l'.\ssemblée nationale avait trand1écs contre Pa1·isel quïl Hait d,· sai11epolitique el de stricte justice de trancher au contraire pour Pari~, à ~on :i,·anlage. Décrels sur les loyers, sur les échéances, sur la garde nationale, sur !,·s monts-dc-piélé. Pour les lo)crs, l"As,cmblée nationale a, ,111 d,l: " i..es droits ,1,·la propriété sonl ~a,·rés. li ne sera pas fait remise au, loeata11cs ,l'un seul franc, d'un s~ul centime». Afin que le propriétaire et le log-,·ur touchent inlégralemcnl leur dLl, on expulsera el on jettera à la rue, sans pitié ni d,•lai, les gueux qui ne pourront s'exécuter; on vend1·a leurs dernières nippes. leurs derniers meublt•s el jusqu'à leurs instruments de labeur. La Communt• n'poudall : le travail a,·anl tout. li esl illogique- el inique que les propriétam•s ,l'uumeubles seuls n"aienl pas à souffrir Jes conséq,ienccs de la guerre. La stu!{rtation absolue des transaclions el des afTaires, 1>endanl el depuis le sièg<', a n'duil aux abois le prolétaire,

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