lllSTOII-U: SOCIALISTE a,•ait quo demi-mal, rar il est probable que ces fuyards demeurés dans la place se fussent comportés comme autant de traitres. Sans doute, il n'y aurait même pas eu de mal du tout, au contraire, si la Commune avait pu, sans délai, leur trou"er des substituts; mais ces substituts, elle ne les trouva pas. Les classes· bourgeoises el instruites, si portées d'instinct à la conquête des places, Loujours si disposées à émarger au budget, se révélèrent à ce moment étrangement réservées el circonspectes. Quelques fils de familles s"étaient bien offerts les premiers jours; mais bien \'Île ils s'éclipsèrent, cessèrent de postuler, m,'me de se montrer. c·esl que la Commune se nattait d'être, voulait <'Ire un régime à bon marché. Elle ne faisait pas uo pont d'or à qui aspirait à l'honneur de sa livrée. 500 francs était le maximum de rémunération mensuelle qu'elle consentit à ses ser\'ileurs, el <le ce maximum elle fut plulùl chiche. Personnellement, ses membres ne s"oclroyèreol jamais, pour leur compte, plus de 15francs par jour. et tout cumul était interdit. D'autre part, les jeunes bourgeois <1uis'en étaient venus roder. \'ers le W mars, dans lès couloirs de l'llùtel de Ville, n'avaient J'&S lard<' à s'apercevoir que le nouveau gouvernement ne flairait pas la mème otlcur que ses de\'anciers; il sentait le peuple, la classe ouvrière : parfums offusquanls pour des narines délicates. Pareil 1·égime durerait-il·! Le ùoute Hait permis, et, en consé,1uence, l'i prudence recommandait <le ne pas s'embarquer sur sa gal~re - galère de bagne pré\'Oyaienl déjà les plus poltrons ou les plus a\'is~s. Pour les mèmes causes. la Commune manqua également, manqua davantage encore ùu haut personnel directeur, de celui qui, essentiellement, expressément sert de lrail d'union entre le pouvoir central el les sen·ices di\'ers, communique à ces services l'impulsion el •·eille à ce que les efforts individuels de toutes les unités composantes convergent avec ensemble au but que le pou\'oir se propose. Ce 1>ersonnel, la Commune ne put l'obtenir, el partiellement, qu'en détachant &es propres membres, pris parmi les plus appliqués el les meilleurs nalurellemenl, à des postes q,ui ne laissaient pas d't'lre, jusqu'à un certain point, incompatibles avec leur mandat de représentants élus à la Commune, sans compter que ces cumulards d'un nou,·eau genre, astreints el rivés de la sorte à des rnches spéciales, limitées, étaient empèd1és de s'associeraussi pleinement qu'il eût convenu à la besogne politique qui d'abord leur incombait. Par exemple Varlin, détacht' à rlnteodancc, Theisz aux Postes, lleslay à la Banque. \.),;·est-ce à dire, sinon que la Commune, par la conspiration des choses et par celle des hommes, se trouva aux prises avec une situation inextricable el qu'il ne lui ser\'it de rien d'a\'oir derrière elle deux cent mille électeurs el cent mille ba,onoelles, puisqu'elle ne pouvait ordonner ces forces, les dispoeer el les organiser en vue des dures épreuves qui s'annonçaient. Silùl élu, ailùt né, le nouveau gom·ernemenl apparait isolé, 11Ul8 allacbe,, coupé de toule
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