1 J • IIISTOIHE SOCI \l,ISTE L0 0H'-TACLg ,\ la lumi,'re des procès-verbaux que nous avons publiés, parliculi~remenl à ,·elle intention, il apparaîldonc claire111enlqu'il existe dès le 28 cl le 29 mars, à la Commune, les représentants bourgeois enfuis, deux courants, deux tendances antagonistes el que l'un J'eux, le courant centraliste, autoritaire, dispose de la majorité. De celle seconde constatation, les preuves abondent. :'ious ,·enons d'en fournir quelques-unes. On pourrait les multiplier depuis le tri•< froid accueil fait au discours du président d'nge, llcslay 11), en raison du fade relent de féMralisme qu'exhalait sa harangue, issue du m~me tonneau <1uela proclamation de Lcfrantois, jusqu'à la décision par laquelle la Commune, apri•s une dMaillance de vingt-quatre heures, rebaptisait son organe officiel Journal officitl de la République française, repoussant comme une trahison le litre de Journal officiel de la Commune de Paris ('2), que certains autonomistes persistaient à préférer. Comment se fait-il donc que celle majorité ne se soil pas imposée, qu'elle n'ait pas entrainé, subordonné la minorité el n'ait pas gouverné âu sens plein ri cnli~r du mol·> Pour des raisons extérieures à elle très certainement el que le simple examen des événements nous onl révélées déjà ou nous révèleront, mais aussi pour des raisons intrinsèques qui auraient pu ne pas être ou t'lre à un degré moindre. En effet, si la minorité avait ses faiblesses el ses lares, la majorité avait (·gaiement les siennes non moins criantes, noQ moins funestes. Parmi les hommes de la majorité les plus connus, ceux qui dataient de 48, croyaient trop à la vertu des tradilions el des exhumations. Pour êfre invincibles, il leur suffisait, pensaient-ils, de se draper dans la défroque de 93. lis n'étaient pas de leur siècle, mais du siècle défunt. Ils ignoraient à plaisir que la lettre lue el que seul respril vivifie el ne concevaient pas que, m~me et surtout pour une besogne révolutionnaire, à des temps nouveaux, il faut des moyens nouvea-ux, appropriés. Les autres, les jeunes, étaient pour beaucoup des violeuts sans consistance, purs déclamateurs souvent, jouant à l'insurrection, comme ils auraient joué à la guerre, quelques mois auparavant, se gargarisanl de formules el se satisfaisant avec. Le révolutionnarisme des uns et des autres était d'apparence el de surface el même, chez les meilleurs, d'intention seulement. Ils' sènlaient sans doute l'utilité d'une forte centralisation de pouvoir. De celle renlralisa- (t) Lr diV"our, da nc~lay fut pronoll(·i ii la ,,hrnce du :tu (après-midi), La J)luparl dt, hi~toricn1 ,1,. JJ11 Commun,. donnent pourtant rt di-.<"our,comme prononcé à la M:an<"e du~ d t'('rtain.. o:pli• il'unt ~•\·f"mf'11t que «ttc hnang\lc procure, it Tirard un de ~li ars;umrnh pour sa ~traitr. (!) Le numéro it en~h;n<' rommonali!'lf' e\L relui du :,o 1111N, paru MOt111 Ir lilrt Journal 0/Jkl,I de la Coft111w11ed,. Paris, Jr• annét, n• t. Lr :Il mars, 1'11nc.•1en lit~ f'lait r.:tabli. lA" numtlro paru• ·n: jour, porte rn m11n<"hruc : J-,urnal <>Jfirieldt' lo llip1,1bhqut-1''ra11fOi••• n° 00, 3"anllft.
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