J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE blicainc, entrainé la presse libérale qui, déjà en partie, désarmait el auraient en France accentué le mouvement de sympathie qui, à L~·on," à Marseille, clans toutes les grandes villes se dessinait en faveur de la révolution parisienne. Thiers, en évitant à l'Asseml.,lée de s'afflrmer violcmmenl monarchiste, assoifiée de sang el de carnage, inlerdisail à Paris de reconstituer, au pied des urnes, son unité morale, sous l'égide de la République el pour sa défense, el à la 1 rance républicaine de marcher à son secours. Pourtanl, le )lachia,·el bourgeois ne devait réussir qu'à demi. L"ne partie des effets qu'il souhaitait conjurer se i·éalisa quand m~me. Les étranges incidents dont l'Assemblée nationale avait été le lhé;Hre, sus le lendemain malin à la réunion des maires par le rapport des députés arrivés de \"ersailles, produisirent un revirement subit. Les mitrailleuses inlroduites de nuil dans les mairies par les enragés de la résistance, les Oubail, les lléligon el consorts restèrent inutilisées. Le Comité central avait fait dès la première heure afficher une proclamation nouvelle où il disait: « Entrainés par notre ardent désir de conciliation, heureux de réaliser celle fusion, but incessant de nos cliorts, nous avons loyalement ouvert, à ceux qui nous comballaienl, une main fratl'rnelle. )lais la continuité de certaines manœunes, el notamment le transfert nocturne de mitrailleuses à la mairie du Il< a,·rondissemenl, nous obli~cnt à maintenir noire résolution première. Le vole aura lieu dimanche, ·21; marf. Si nous nous sommes mépl'is sur la pensée de nos adversaires, nous les invitons à nous le témoigner en s·unissanl à nous dans le rnle commun de dimanche •· Canlonnés sur ce terrain, les délégués du Comité, Arnold cl Hanvier, revenus à la réunion des maires, emporlaienl les dernières oppositions. l;ne convention fui signée, qui mellail fin au conflit, décidait d'un commun accord les élections pou1· le 26, comme l'arnil voulu le Comité central cl réintégrait les mai,·es en leurs mairies. Uans la journée, la population était mise au courant du pacte. Ici cependant un incident encore. Ueux affiches annonçaient la nouvelle : l'une du Comité central, l'autre des députés el maires, de textes légèrement différents. L"affiche du Comité central disait : « Le Comité central fédéral de la garde nationale, auquel se sont ralliés les députés de Paris, les maires cl adjoints élus, réintégrés dans leurs arrondissements, convaincus que le seul moyen d'éviter la guerre civile, l'effusion du sang à Paris cl, en mème temps d"affermir l.i République est de procéder à des élections immédiates, convoquent, pour demain dimanche, tous les citoyens dans les collèges électoraux ». L'affiche des maires corrigeait: • Les déput•és de Paris, les maires el les adjoints élus, réintégrés dans les mairies de leurs arrondissements el les membres du Comité central fédéral de la garde nationale convaincus (le reste comme précédemment)"· Mi,érable querelle de mols qui, jusqu"à la fin, trahissait le mauvais vouloir des magistrats municipaux qui ne pardonnaient pas à leurs trop généreux vainqueurs de leur avoir un lanl soit peu forcé la main. Mais

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