J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

300 HISTOIRE SOCIALISTE mys lifiration·/ A quoi tendait-elle·> Saisset savait bien. en la laissant placarder, qu'i I disait le ,·ont raire absolu d<· la vérité. ~!oins que personne il ignorait la séance de la ,eille. la réception faite aux maires par l'Assemblée. Pourquoi donc mentait-il de la sorte·) Par ordre de Thiers? De son propre chef·> A la Commission d'enquête, ses explications pénibles, embrouillées, pleines de réliccnces qui se heurlè'rent, lrès désagréablement pour lui, au témoignage de Tirard, n'éclaircirent pas le mystère. Le Comité central, au reste, ne se donna même pas la peine de relever ce factum saugrenu ou criminel, les deux ensemble pour être vrai. Ce Saisset n'était qu'un fanloche. Le Comité alla droit au but, aux maires opposants, obstinés, du I" et du Il• arrondissement. Le mandat de les amener à composition avait élé confié à 13runel qui s'achemina loul d'abord vers la mairie du Louvre, a,·ec 400 llellevillois el \l canons . .-\ la mairie, simulacre de résistance bien vite dompté. 13runel entre, parlemente avec Adolphe Adam el Méline, adjoints. Nos hommes dépêchent un émissaire à la mairie du Il', où siégeait _le gros des maires el, apprenant qu'ils ne seront pas secourus, cèdent. La mairie est abandonnée au Comité central, el on com•ient que les élections auront lieu le 30. Puis, côte à côte, sympathisant, les magistrats municipaux du [cr gagnent, avec llrunel et ses co-délégués. la mairie de la Banque pour y apporter la nouvelle Je la convention conclue, les canons toujours suivant. Les gardes nationaux de l'ordre voyant amis el ennemis s'avancer ensemble réconciliés el fraternisant, laissent passer. Voilà 13runel chez les maires. La discussion alors recommence. Schœlcher, Dubail ne veulent pas en démordre : les élections au ::i a,•ril, comme l'a semblé indiquer Picard, au nom du 1,ouvernemenl; le commandant en chef de la garde nationale élu au suffrage à •feux degrés ou rien. Mais les aulres maires el adjoints protestent. Ils sont las, soucieux avant tout d'empêcher l'effusion du sang. Eux aussi se rallient, forcent !l'obstruction des derniers opposants. Toul le monde tombe d'accord que les élections municipales se produiront le 30 el que, d'ici celte date, les maires réintègreront leur mairie respective. Dans la rue, sur les boulevards,'gardesnationaux de l'ordre et gardes nationaux du Comité central lèvent la crosse en l'air, s'embrassent. On pare de rameaux verts les canons, les gamins les chevauchent. C'est la paix. A celle réconciliation il n'y avait qu'un ïnconvénienl, à savoir que Brunel et ses co-délégués avaient outrepassé le mandat dont le Comité central les avait nantis. Le Comité maintint doue la date du ~6 pour les élections. 11était urgent, en effet, que celles-ci s'accomplissent dans le plus bref délai, le gouvernement de Versailles ayant, par ses menées, désorganisé tous les services municipaux : octrois, voirie el le reste, sans parler des postes, el ces services devaient être reconstitués au plus tôl, si l'on ne voulait pas perturber gravement el pour longtemps la vie matérielle de Paris. Ronvier et Arnold vinrent IP soi,· à la réunion des maires porter l'ultimatum du Comité el se retirèrent

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