J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIHE SOCL\LIS'rE 2\)1 cause de conllil en alleodanl les décisions de l'Assemblée nationale. Quelques heures après, plus explicite encore, la cama,·illa <les députés el maires lançait une deuxième proclamation, tissu de rausselés el d'illusions. Elle mellail en avant 1~ patrie sanglante et mutilée cl engageait les électeurs à ne pas répondre à un appel qui leur était adressé sans litre cl sans droit. Les bra,·es avaient pleine confiance en l'Assemblée nationale ou le prétendaient. « :\ous voulions. disaient-ils, le maintien, l'affermissement de la grande institution de la garde nationale. Nous l'aurons; L\ssemblée nous le donnera: nous voulions, pour Paris, des élections municipales immédiates, la consécration de ses franchises municipales. \'ous l'aurons; l'.\ssemblée nous le donnera». :\al\elé ou duplicité, selon que l'on suppose la bonne ou la maurni~e foi. Celle démonstration en venait appuyer une autre qui paraissait émaner d'une source différente, mais qui élail peul-èlre combinée, puisque, à colé de feuilles nellemenl réactionnaires: UniL"ers, Union, Français, Gaulois, Figaro, elle en groupait des républicaines, telles que la Vérité, lo Temps, !'Opinion .Yalwnale. li s'aKil <lo la déclaration de la Presse aux électeurs de Paris. Les trente-cinq journaux signataires se p'açaienl académiquement au point de vue du droit conslilutioonel. La convocation des électeurs étaol, affirmaicntils, un acte de la souveraineté nationale, n'apparlenaul qu'aux pouvoirs issu~ du suffrage uni\'ersel. le Comité central n'a,·ail pas qualité pour celle con,·ocalion. Parlant, ils déclaraient nulle el non a,·cnuc la convocation pour le '2? mars el engageaient les électeurs à n'en pas tenir compte C'était bien la guerre, guerre qui, des conciliabules des maires el des bureaux de rédaction, allait descendre dans la rue. C'est ce jour qui vil en effet la première manifestation des « Amis de !'Ordre ». Les dits amis paraissent s'tllre rassemblés à l'appel d'un certain Bonne, capitaine au 253• J.,ataillon. Des boulevards, lieu de rendez-\'OUS, ils s'étaient acheminés place de la Bourse, puis, ~errés autour d'un drapeau tricolore portant en exergue: « Réunion des Amis de !'Ordre '!, ils s'étaient dirigés sur ·la place Vendôme el arrêtés devant l'étal-major de la garde nationale, au n• '2'2, ils assourdissaient les airs de leurs clameurs. « Vh·e l'Assemblée! » criaient-ils. Cn membre du Comité central parut au balcon el les invita à envoyer une <lélégaliou. Les man,feslants répondirent eh ,·ociféranl: " A bas le Comité 1 Pas de délégués! Vous les assassineriez i » Les gardes nationaux qui ,·'èillaienl aux portes, refouli'•renl alors hors de la place ces agités qui ne lardèrent pas à ~e séparer, se donnant rendez-vous pour le lendemain, dans les mèmes parages. Qu'étaient ces manifestants·? Leur (cri de ralliement : « \'ive l'Assemblée! • indiquait surtout des amis de M. Thie,:s el de la majorité rurale. Les éléments cependant en étaient lrès mélés el nombre d'agents bonapartistes ou autres s'y étaient faufilés, comme la chose de,•aitappara!lre phs clairement le lendemain. Les partis de réaction, en ces heures de confusion cl d'agitation, croyaient leur jour venu el 1,renaienl position.

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