286 IIISTO!RE SOCIALISTE par haine drs faubourgs, peur du socialisme, il pactisera dans la réaction avec l'.\ssemhlér monarchique de Versailles. L'histoire de ces jours esl malaiséJ) à dégag,•r. li faut s'y l'isquer pourtant, afin que les responsabilités s'élablissenl d qur son d,1 revienne ù chacun. 1.1:S .'IAlllE-; ET LE ...:O'\IITÉ CE1'TRAL La premi,•rr lcnlati,·e des maires pour s'immiscer dans les événements date de la journfr mèmr du !S. En ce jour, les maires el adjoints, réunis a,·ec les dépulés de la Seine à la mairie de la Banque, puis du Louvre, cha,·geaienl douze d'entre eux de porter au gouvernement les propositions <le conciliation suivantes, qui leur paraissaient de nature à enrayer le mouvement; 1° :'lominalion de Dorian à la mairie centrale <leParis: '2° .\'ominalion du colcnel Langlois au commandement en chef de la garde nationale; 3° Elections municipales immédiates; 4° Assurance que la garde nationale ne serait pas désarmée. Favre re~ul la clélégalion cl, avec sa superbe habituelle, répondit : « Aucune concession no peul èlre faite à l'émeute; nous ne pactisons pas avec les assassins ». Réponse péremptoire, trop mèmc, sans doute, car, à minuit, contre-ordre venait du ministère de l'Intérieur, de Picard, qui souscrivait ou à peu près aux trois premières condiliogs, el nolammenl inveslissail, avec l'agrément de Thiers, le colonel Langlois du commandement en chef de la garde nationale. Lïnlenlion se devine. Thiers, plus prudent que Favre, ne croyail pas l'instant ,·enu de démasquer contre Paris toutes ses balleries. Il savait bien, au reste, qu'il jouait sur le velours, des concessions lrop tardives n'étant jamais acceptées par un adversaire victorieux. En e!fel, le Comité central, comme nous l'avons relaté, se refusait à rncevoir du gouvernement un chef qu'il entendait nommé par la garde nationale. Le lendemain 19, c'est vers le Comité central que, par la force mème des choses, la réunion des maires el des députés se retourne; mais dès ce moment, notons•lc, les maires et députés ont obtenu- du gouvernement plein pouvoir pour l'administration civile de la capitale. Tirard, maire du Il• arrondissement cl député à la fois, délient en poche le pouvoir signé : Ernest Picard, ministre de l'lnlérieur. Les maires, les députés, quoiqu'ils disent el fassent, ne représentent donc que Versailles, dont ils onl mandat. lis ne sont pas, ne peuvent pas êlre une puissance indépendante, autonome, s'interposant entre deux autres puissances en vue d'un,arrangemenl. Ceci est important el il convient d'y insister. Nous n'avons pas affaire là à deux partis el à un troisième, à une façon de tiers-parti, mais à deux partis seulement : l'un, représenté à la fois à Versailles el à Paris; l'autre, à Paris simplement. Que certains maires s'y soient trompés, que, même sans s'y tromper, ils aient pu eroirr jouer un rùle d'arbitres el de conciliateurs, c'est très possible; mais
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