28-l ltlSTOTHE SOCIJ\LISTE de le renforcer, de tendre tous ses ressorts en vue de la victoire, presque inévitable, que les conjonctures préparaient. Supposez la Corderie à la place du Comité central el les choses changeaient radicalement d'aspect el de fond. line \'Olonté une, consciente du bul, commandait au mouvement el cJ'emblée en coo,·donnail, reliait cl dirigeoil les manifestations. A une silualion révolulionnaire, pour une lutte révolulionnaire, la Corderie offrait un mécanisme révolutionnaire. Les actes d'audace elde salut inkrvenaient de suite. Au contraire, connuenl de courants divcrgenls, chaos d'aspirations m0lées el confuses, le Comité cenlral de la garde nationale était déshérité par essence de la faculté de décision indispensable aux heures de crise, de celle décision qui sauve loul parce qu'elle ose loul. Le Comilé cenlral n'osa donc pas, el ma!lre du pouvoir, mailre de l'heure, installé à l'Ilôlel dr Ville, disposant de 300,000 fusils à tir rapide, de '2,000 bouches à feu, sa première pensée ful d'abdiquer, de rentrer dans la légalité, de convoquer les élecleurs. Au lieu d'un appel aux armes, d'un coup de clairon dressant dans l'enceinte, pour les projeter hors de l'enceinte, les bataillons fédérés, les travailleurs de Paris, voici l'affiche qu'au malin du 19 il placardait sur les murs : « Aux gardes nationaux de Paris, « Citoyens, vous nous aviez chargés d'organiser la défense de Paris el de vos droits. Nous avons conscience d'a,·oir rempli celle mission. Aidés par votre généreux courage el voire admirable sang-froid, nous avons chassé ce gouvernement qui nous trahissait. • A ce moment, noire mandat est expiré, el nous vous le rapportons, car nous ne prétendons pas prencJre la place de ceux que le sourne populair~ vient de renverser. • Préparez donc el faites de suite vos élections communales, el donnez-nous pour récompense la seule que nous ayons jamais espérée : celle de vous voir établir la véritable République. En allendanl, nous conservons au nom du peuple l'llôlel de \'ille. • Pensée louable, pensée pieuse que n'avaient pas eu en tous cas les bour. geois révolutionnaires en février 48, non plus qu'au 4 septembre iO. Celle altitude originelle détermina la suite. Elle ouvrit notamment l'ère des pourparlers avec les maires qui acheva d'émasculer l'insurrection, lui ravit la chance de durée, sinon de succès final, qu'elle comportait à son aurore. Pour fpire les élections, la volonté du Comilé central ne suffisait évidemment pas. Il y fallait l'aide Ms maires, leur consentercenl, puisqu'ils détenaient les hsles électorales. Huit jours les négociations trainèrent, période confuse el équivoque oit l'on se tille réciproquement, où le parti républicain bourgeois s'interroge, se demandant s'il rejoindra dans la Ré,·olulion le prolétariat républicain où ai,
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