J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

2i0 IIISTIJIIŒ SOCl.\l,ISTE ,\vec des procédés de panclour bonapartiste, Vinoy, qui n'avait que faire de d'Aurellc, commença à laper dans le las, apostrophant la population parisienne en des arriches qui neuraienl les mitraillades de juin el de décemb re, supprimant tous les journaux: Vengeur, Cri du Peuple, Mol d'O,-drt, Père l)uchéne, Ca,-ica/11rt, Bouche dt Fer, qui parlaient trop haut el trop ferme, cela, au nom d'un étal de siège auquel il n'assignait aucun terme. )lais les reitres seuls, de sottise trop épaisse el de brutalité trop crue, restaient impuissants. Thiers sentit alors la nécessité d'opérer en personne et, pour cela, de se rapprocher de Paris, de venir sur place. Il s'appliqua à décider l'Assemblée. Celle-ci avait peur, so refusait. Thiers dépensa des trésors de diplomatie pour la convaincre. Comme pis-aller, elle consentait à se transporter à Fontainebleau, à p~ine rassurée par les 80 kilomètres qui l'auraient ainsi séparée de la capitale. Mais Fontainebleau n'agréait pas au cher de !'Exécutif. Il ,·oulail Versailles. Et pour quelles raisons? Pou'r les raisons indiqu ées dans sa déposition à la Commission d'enquête, cl où se révèle loul net son plan de massacre. li se disait el il disait: • On m'avait parlé de Fontainebleau comme d'•me ville où l'Assemblée nationale pourrait siéger en s0relé. Je fis obscn•er que nous serions séparés par quinze lieues et par toute l'épaisseur de Paris <le la position de Versailles, la seule vraiment militaire; que si les réserves chargées de garder l'Assemblée étaient obligées de partir de Fon tainebleau pour se rendre au lieu du combat, la distance serait bien gra nde el la position des plus mauvaises; qu'il fallait aller à \'ersailles même el, de là, làcher de rester mailres de Paris. Cet avis prévalut auprès de l'Ass emblée et nous vlnmes, en effet, nous placer à \'ersailles •· Rendez-vous avait été pris par l'Assemblée pour le 19 dans celle localitè. Quand à Tbiers, il se portail de sa personne et immédiatement:_ c'était le W - à Paris el se préparait, sans larder, à tenter son coup. Quelle était en ces jours la situation exacte de la Grande \'illc? quelles pensées, quels sentiments y dominaient ·1 quels courants s'y dessinaien t'! quelles forces organisées el cohérentes s'y groupaient en vue d'une résistance, d'une action •1uc l'on sentait de plus en plus inélucl~ble el prochaine'! li y a lieu de remonter pour celle explication jusqu'au lendemain même du siège, au début de février. Après les élections générales, la réunion de l'Assemblée nationale, le Comité central des vingt arrondissements s'était dissous ou presque. Con tre l'avis de plusieurs, qui prévoyaient justement l'inévitable réveil de la col ère populaire au jour de la désillusion el de la trahison avérée el 'lue la bata ille restait plus que jamais à livrer el à gagner dans Paris, les éléments révolutionnaires les plus ardents el les plus 11ualiliés,cédant à l'inspiration do Blanqui, s'étaient portés à Bordeaux. Blanqui avait cru qu'il était p<>ssiblede jeter l'Assemblée nationale par les fenèlres cl il se consuma sans prolil dans celle tentative vainc. Les autres éléments de la Corderie, les t!lémeataplus

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