J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IIISTOIHE SOC! \LISTE 26ï nationale décidait définitivement de fixer son siège hors de ses murs. AulanL de résoluLions, autanl de voles, autant de démonstrations de l'Assemblée, autanL de soufflets sur la face de Paris, autant d'attentats contre son èroit, ses libertés, son existence mèrne. Comment n'aurait-il pas vu clair maintenant, le patriote tout bénel el tout simpliste qui avait dil « les Prussiens d'abord "· el de mème le républicain, le rbpublicain lout courl, sans épilhèle, mais qui estimait pourtant qu'au 4 septembre, par ln déchéance, quelque besogne avait été accomplie, utile el salubre, glorieuse pour la France et de conséquences fécondes. Au patriote, les héros de la « l)éfense nationale" montraient, triomphateurs modestes, le pays éventré., la frontière reculant du Rhir. jusqu'aux Vosges, l'occupation du tiers du sol fran~ais consenti à l'en,·ahisseur en garantie du paiement de l'indemnilt\ de 5 milliards, Paris enfin que l'ennemi n'avait pu enle,·er de vive force, qu'il n'a,·ail pu que cerner et affamer, ouvel'l à ses cohortes défilant militairement dans ses grandes ·aYenues de l'Ouest. sous son arc M triomphe de !'Etoile. Au républicain, l'Assemblée nationale se présentait elle-même, ramassis le plus extraordinaire el le plus répugnant de toutes les friperies du passé, de tous les fantùmes des régimes déchus, de tous les légitimistes cl orlfonistes sortis de leurs gentilhommières, poun•us de la bénédiction papale, de tous ces ruraux n·a~anL qu'une peur: la peur oes ,·ilks el de Paris capitale; qu'une haine : la République, et décidés, toute honte bue, à se réfugier sous la botte du Prussien pom\ de connivence a,·ec lui, étrangler la Gueuse el r<'Slaur~r sur le trône des aïeux ou l'llenri ,. à l'oriflamme fleurdcutysé ou l'un de ces Orléans déjà arriYés dans les fourgons de Coblentz. Patriote, répul,licain, rejoignaient, pour le moment du moins, le socialiste et le ré, c>lutionnaire du siège et. allaient faire bloc a\'ec lui .. Paris, dans son unité, se dressait enfin pour la République el, contre l'ennemi extérieur et contre l'ennemi intérieur, prèt à 01131 octobre ou à uu '2"2 janYicr ,·iclorieux. Choc eu retour, réflexe fatal. )lais ce réflexe, que certains socialistes a,·aient escompté, dans lequel ils a\'aient mis leur espoir suprème, quelqu'un autre aussi, peut-on dire aujourd'hui, l'avait pressenti el déjà l'escomptait pour une uesognc toute différente. Cc quelqu'un, c'était la fraction la plus consciente de la réaction, la tète de la bourgeoisie, les républicains félons de la « IJéfense nationale» qui ne pardonnaient malgré louL pas à Paris sa résistance héroïque et de les avoir percés à jour, rejetés el flétris au pied des urnes, quand, de leur bande, il ne laissait passer que le seul Jules Favre, dernier de la liste. El au-dessus d'eux. plus qu'eux, le nouveau chef du PouYoir exécutif, le vieux forban cl massacreur d'antan, Thiers, persuadé dans sa logique de Tamerlan bourgeois que les Lempsétaient propices d'une abondante saignée prolétaire, pour permellre

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