lll8TUIIU: $OCl.\l,ISTE 19 porter la France au l\hin Il sonne la fanfare d'un nationalisme vigoureux en proclamant qu'il n'y a pas de liberté intérieure pour un peuple sans la pleine indépendance extérieure cl ,,ue celle pleine indépendance n'existera poinl pour le peuple français lanl qu'il n'aura pas dilaté ses frontières el relrou,·é la partie la plus nécessaire, la plus nationale des conquêtes de la llévolulion. Cet intérêl est si vital pour la France el elle esl rr.enacée, si elle se résigne. d'une telle déchéance qu'il vaut mieux pour elle gssurncr seuil" le ris-quf" d'un<' guerl'C générale conlre la coalilion européenne, à la conJition de bien comprendre qu'elle joue celle fois son existence m<!me, qu'elle ne peul sans périr subir une in,·asion nouvelle, un amoindrissement nouveau, el que toule la lf>rre du pays doit st- soulever contre l'~tronger avrc la violence d'une convulsion nalu1rllc. Toutes les lenlaliv<'S gouvcrne111cnlales H'ronl vaines,·Ja d~mocralic populaire sera frappfo d'impuissance comme l'oligarchie bourgeoise, le peuple sera débit,, comme le poul'oir lanl que le ressort de la vie nationale sera comprimé el faus•/• par les traités de lbl~. " Plus j'y pense, plus je reste persuadé ~ue ni le despotisme, oi la lib(>rlé, ni le gou\·crnemenl, ni les (Jarlis ne peuvent se fond1•r d'11nP manière assurée sur un Etal dont les bases ont élé mutilées par la guerre, et que la paix n'a pas tenté de réparer. Chaque jour, je me convaincs que le pouvoir chancellera aussi longtemps que chancellera le pays, assis sur les traités de 1815; qu'il n'est pire fondement que la défaite; que surtout il faut désespérer de la liberté si l'on ne peul recouvrer l'inMpendancc. L'Elal craque sur les bases menteuses que nos ennemis lui ont failes de leurs mains, et au lieu de le soulenir, nous nous rejetons les uns aux aulres les causes de ce dépérissement général. Je "ois autour de nous des pays où l'on esl unanime dans les projets de conquNe; ils marchent, mn1gré leurs divisions apparcntrs. comme un seul homme, à l'accomplissement de leurs desseins sur le globe. El nous, non seulement nous nous inlerdisons,comme au \'irillard de ln fable, toute vasle pc-nsée, tous longs espoirs, tout projet d'accroissem('nt, _mais nous ne pou, ons m~me nous réunir pour reconnall,·e le mal qui nous fait tous périr. « Pour la France, il ne s'agit pas tant de conquérir que de s'affranchir, non pas tant de •accroilre que de se réparer, elle ne doit pas faire un mouvement qui ne la mène à la délivrancê du droit public des invasions. Toul cc qui est dans celle voie e,l bien, tout cc qui esl contraire est mal. Hoyanlé, république, juste.milieu, démocratie, bourgeoisie, aristocratie, ho1nmesde lhéoric, hommes Je pratique, tous ont là-dessus le même intérêt; c'est le point où leur réconciliation est forcée, puisque chacun de nos partis ne sera rien qu'une ombre aussi longtemps qu'il n'y aura parmi nous qu'une ombre de France, el que nos débats intérieurs seront stériles cl pour le monde el pour nous-mêmes tant quc,d'unemanière quelconque, par les négociations ou par la guerre, nous oc nous serons pas relcl'és du sépulcre de Waterloo. c·csl ainsi que l'Allemagne est restée méconnaissable aussi longtemps qu'a duré le traitée.le Westphalie .... Je sais qu'il est dangereux jusqu'à la mort de loucher à ces traités (de 1815), mais
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