J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 257 moins. (1) la note exacte, l'impulsion salutaire. Le « Prussien d'abord,. disait le Réveil, disait la Pairie e11 Danger, el de là à conclure que le premier devoir élail de se serrer autour du gouvernement de la Défense nationale, il n·y avait qu'un pas. La Corderie disait au contraire, criail par ses vingt comités d'arrondissement, par ses cenl clubs affiliés: 'L'Iiote) de Ville d'abord! Sus d'abord au plus proche ennemi, allié el complice de l'autre, puisque c'est la même classe qui, dans l'enceinte, sous le masque des avocats larmoyants el des généraux phraseurs, paralyse la défense el qui, hors l'enceinte, sous l'aigle à deux tètes de Guillaume el de Bismarck, resserre chaque jour davantage le cercle d'inveslissemenl, noue plus fortement le cordon qui va étrangler Paris et la République. Ainsi faite, la Corderie ne pouvait illre qu'une conspiration permanente contre J'llolel de \ïlle. Elle le fut. Toul d'abord les éléments y élaienl encore mêlés; mais ils s'élaienl épurés vile. Les moins sérieux, les moins ardents, gagnés par l'amour du galon a,·aienl filé vers les bataillons, pris des grades; d'autres, les timides, les pondérés, élaienl entrés dans Je5 commissions de subsistances, d'équipement, d'armement annexées aux mairies, avec la noble pen~ée de se rendre utiles, de concourir efficacement à une ,. défense • qui pourtant n'apparaissait que comme une duperie odieuse à qui voulait bien rénéchir. Très vile, en conséquence, il n'était plus demeuré que les éléments socialistes révol ulionnaires, une élite purgée de toute scorie, de fout déchel patriotique, au sens bourgeois du mot, et enfiévrée chaque jour davantage de plus de passion ~t d'audace. La Corderie avait percé à jour, d~s l'abord, le mensonge de la« Défense nationale». Elle n'avait peul-être pas entendu les propos de 'table du généralissime Trochu, confiant dans l'intimité que le siège n'était qu'une héroïque folie, héroïque, si l'on voulait, folie, à n'en pas douter; mais elle les avait devinés. Parlant, elle n'avait pas assez de mépris el de colère contre ces lartunes: un Jules Favre s'écriant:« Ni nn pouce de noire territoire! ni une pierre de nos forteresses! " alors qu'il négociait en sous-main avec le prétendu ennemi el, dans ce but, expédiait M. Thiers se promener dans Ioules les cours d'Europe; un général Ducrol, fou<)re de guerre, s'exclamant, en sortant de Paris: « Je n'y rentrerai que morl ou vainqueur» el qui y rentrait vivant el vaincu. sans avoir même essayé de tenter jusqu'au bout la fortune, en conduisant au feu des troupes qui ne demandaient qu'à se battre. Faire acte de foi en Trochu, en Thiers, en Favre, en Ducrol el en leurs compères, dans les collègues de [Bazaine, dans les anciens caudataires d'Emile Ollivier lui élail impossible. (1) Cette critique de la Patrie en /)an;Jtr et de Blanqui, qui en fut :e rid'9.<.'leur pr,r,:.Li'('ieuext magnifü1ue, ne ,·aul que p0ur I• période compri-.e entre le i scptemb re et les tout premier'- jours d'OC'tobrc.A dater de ce moment, Blanqui a vu ch11irdans le jeu de la « lh\frnse • el peosc qu'on ne peut an.eindre l'ennemi de l'utéricur qu'en marchant d'abord contre soo 001npliec de l'intérieur.

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