J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IIISTOIHE SOCIALISTE T,,111l'esprit de la Commune y élail el aussi - el ce n·esl pas la remarque 1, 11,•,,ns suggestive - les hommes de la Commune. Sur les 46 signataires de l'alli,·!,e on retrouve, en effel, les noms de 11 de ceux qui devaient èlre, en mar- ou an-il, cnvoy<'s par le peuple de Paris à l'llolel de Ville: Cluserel, ll,•111,_,·, Johannard, Lcfran~ais, Ch. Longuet, Bcnoll Malon, Oudcl, Pindy, Ha11,1c1-,Ed. Vailla11l, Jules Vallès; el d'autres noms encore, comme ceux de Cenl»n, de ~lillière, qui, lors de la répression versaillaise, sïnscri,·irenl au mari_,rologe des derniers défenseurs du drapeau rouge. /1 ceci 1·iende surprenant, puisque le Comité central, la Corderie n'étaient en , ..mmc que le centre de ralliement des éléments les plus ardents, les plus mil,lanls, les mieux informés aussi, de ceux qui sondaient du coup d'œil le plus exercé el le plus s0r les douteuses perspectives de l'avenir. Toule la vie intense cl tourmentée Je la grande cité assiégée y refluait, s'y conccnlrail, s'y exaspér;ii:; son vouloir obscur de délivrance cl d'émancipation s'y faisait corrscienl; s ·s as_,iralions s'y matérialisaient en résolutions el en actes. La Corderie siég,•;iil en quelque sorle en permanence. Les délégués des vingl arrondissemenls s'y rendaient chaque jour, l'après-midi, dans leur costume de garde na•i,,nal, ligne ou artillerie. lis apporlaicnl les nouvelles de leur milieu, s'éc'airaienl, se concertaient cl décidaient; puis revenaient le soir dans leur an ,,ndissemenl respeclif apporter au siège des Comités locaux, dans les club- de quartier, les informations générales puisées à source sore, dévoiler à le,11·scommellanls les ressorts cachés des événements el leur communiquer 1,·~,nesures conver,ues pour conjurer le pfril grandissant, la trahison de plus en l'lus mena•;anle des gouvernants. l'nris ouvrier, socialiste cl révolutionnaire, vécut ainsi pendant cinq mois d'u11c vie d'ensemble qui; depuis ce moment, ne s'esl pas encore retrouvée; Yib··, nl à l'unisson des mèmes colères el des mêmes espoirs, solidaire dans une m<'m · pensée el un même effort. L •s clubs, les Comilés de vigilance et la Corderie, leur expression centrale, étaient les organes général~urs de celle agitation incessante el réglée. Ils avai,•nl assumé cl exerçaient les fonctions dé relation el de propulsion, suppléant au lradilio11nel el habituel moteur, à la presse. i\'on pas que la presse f11Lmuelle en ces Lemps. Des gazettes quotidiennes il en étail poussé, peul-on tlire, entre les pavés : les réactionnaires étaient demeurées, el, à coté, des ft-11illes d'avant-garde éclosaienl Lous les malins. Tous les hommes qui s'élaienl lus sous l'Empire, les exilés, les cmbaslionnés avaient chacun leur lril,11ne, y parlaient haut el forl; mais la claire vision dès événements, la nelle perception des actes de salol à accomplir manquait, même aux mieux intentionnés, aux plus résolus, à ceux donl un passé enlier de lutte el de Mcrifice inspirait la confiance cl commandait Je respect. Meme le Réveil, de Delescluze, mê111ela Pairie en Danger, de Blanqui, ne donnaient pas, dans les débuts du

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