2:lO HISTOIRE SOCIALISTE saires un parti pris de nH•nson!(C. En quel état d"afl"olcmcnl étaient-ils donc? et quelle forme confuse le duc de (;ramonl avait-il donnée à son exposé? Il csl prodigieux que la Commission n'ait pas songé 11\"érificr sur les pièces mêmc,un fait dont clle-rrn'nw proclamait l'importance capitale, un fait qui devait la surprendre, car il était contraire à toul cc qu'on avail su jusqu'alors; clic le rrconnail encore. El il csl prodigieux aussi qu'en séance, dn,•ant la Chambre, aucun minislrr, au('un, ne se soit levé de son banc pour avertir )1. de Talhouct de son erreur. )1. de Gramont a,·ouc (cl comment pourrait-il faire aull'Cmcnt "!) la malérialili· de l'erreur. )lais il alli·guc qu'au fond il avait toujours voulu la m,'mc chose; ,,u·au demeurant il n'était pas présent à la séance quand le rapport fut lu. (_lue faisait-il donc! cl pouvait-il se désintéresser ainsi du rapport de la Commission·? )lais (1uand il est arri,•é en séance, il ne s'est donc trouvé personne, ni parmi les ministres. ni parmi les députés, pour appeler son allcntion sur la déclaration sensationnelle de M. de Talhoucl? El les autres ministres, qui i-laienl là sans Joule, pourquoi n'ont-ils rien dit'? La plupart d'enlr'cux, dans le conseil du l:i, a, aient exprimé leur surprise de la dépêche envoyée par ~l. de 1;ramont le l? au soir. Ils sa,aienl donc bien qu'il s'élait produil cc jour-là quelque chose de nouveau. Mais ~I. Emile Ollivier, il élail là lui, il a cnlcndu ~I. de Tallrouet. El il savait bien que, dans la première phase des négociations, la !'rance n·a\"ait demandé que le retrait de lo candidature. li le savait bien puisque, dans la journée du 12, au re~u de la dép,'che espagnole, il s'écriail: « C'l'sl la paix! », cl qu'il n'aurail pu parler ainsi si une rcvendicaliori' essentielle était restée en souffrance. li savait bien, lui, que c'csl il Saint-Cloud que ful décidé, le 12, l'envoi de la dépêche sur les garanties. li se rappelait bien <1uccelle dépèchc l'avail d'abord inquiélé, cl il avait insislé pour que, dans une dép,'chc nouvelle qui partit, en effet, dans la nuit, un paragraphe ftlt introduit sur les intentions pacifiques de la france. li ne pouvait avoir oublié toul cela. C'était, dans les négociations, le point de crise, le point br.lanl. Pourquoi a-t-il permis que l'extraordinaire méprise de la Commission se prolongei\t '! C'est que, en avcrlissant la Chambre de la monslrùcusc erreur, ils auraient mis en pleine lumière la faute capitale de leur politique. C'est qu'ils auraient souligné le changement survenu le 12 dans les exigences de leur diplomatie. C'csl qu'ils auraient donné raison, devant la ChamLr·e, à M. Thiers. C'est qu'ils auraient ainsi frappé de discrédil toute l'œuvrc d'une Commission capable d'aussi énormes méprises, cl la Chambre pouvail se demander si des hommes assez a,·cuglés, assez affolés pour commcllrc une erreur matérielle aussi formidable, avaient le sang-froid néccssairn pour évaluer la quantité d'outragc que contenait la communication de M. de l3ismarck aux puissances. Sur cc point, voici cc que la Commission disait: « Votre Commis•ion a voulu prendre cl a reçu communication de dép,'chcs émanant de plusieurs de nos agents diplomatiques donl les lenncs sont uniformes cl eonllrmcnt, comme n n été déclaré au
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