219 HISTOIRE SOCIALISTE q11e le comte de Bismarck el le ministère pr11ssien regrellenl /'alli/11de el les dispositions d11Roi à l'égard du comte Benedelli, el que, en v11e de l'opinion p11b/ique en Allemagne, ils senlenl la nécessité de prendre quelque mes11re décisive pour sauvegarder l'honneur de la na/ion )). Evidemment, à celle minute précise, ~I. de llismarck ne savait pas encore que M. de Gramont avait demandé des garanties pour l'avenir, ou peul-èlrc pensait-il que de celle exigence nouvelle, si elle ne prenait pas la forme d'un ultimatum, la guerre ne sortirait pas. li cherchait un autre terrain cl"allaque. S'il regrettait l'attitude du roi, il l'utilisait. Cc serait la part faite à la paix, la preuve donnée des intentions pacifiques de la Prusse. ~lais plus elle se montrait accommodante sur la question espagnole, pins clic avait le droit d'être exigeante sur la question allemande, pour l'honneur national 1,lessé. C'était hardi jusqu'à la démence, cl si la diplomatie française avait été habile el sage, M. de Bismarck était acculé à une entreprise désespérée et insensée. Pour s'expliquer un pareil dessein, ou il faut admettre qu'en effet les cœurs allemands allaient faire explosion en d'irrésistibles colères cl que le minislrn devait à tout prix, même au prix de la provocation la plus folle, donner satisfaction à l'instinct national révolté, ou il faut supposer que M. de Bismarck déconcerté par le lamentable échec de sa combinaison perfide el affolé par la peur de perdre son prestige, n'avait plus le sens du réel cl du possible. Comment aurait-il pu, en effet, si la France avait déclaré nettement que la renonciation sous la forme mèmc cherchée par le roi, lui suffisait, comment M. de llismarck aurait-il pu rouvrir le conllil? Quel Lilrc aurait-il eu à demander à la France des garanties pour l'avenir? La meilleurn garantie de sagesse c1uc pouvait donner celle-ci, c'était précisément de se contenter du retrait de la candidature dans les conditions mêmes que le roi de Prnsse avait prévues. El puisqu'elle ne profilait pas de cet incident el de la détestable manœuvre bismarckienne pour soulever d'autres problèmes, comment aurait-on pu la sommer, en effet, de ne pas en soulever d'autres·/ Mais comment M. de Bismarck aurail-il pu, une fois l'incident clos, demander des comptes pour le langage tenu, le 6 juillet, par M. de Gramont? Oui, ce langage avait été imprudent el déplorable, mais la machination de la candidalure était bien offensante aussi, el lord Granville l'avait caraclérisée en termes sévères lorsqu'il écrivait, le 6 juillet, à son ambassadeur à Berlin « que le secret avec lequel les négodations avaient été conduites entre le cabinet de Madrid el le prince qui avait été l'objet do son choix semblait incompatible, de la part de l'Espagne, avec les sentiments d·amilié el la réciprocité des bons rapports de nation à nation el avait donné une juste cause d'oflen,es. »Ella Prusse était évidemment complice, aussi bien que bénéficiaire, de la faute e~pagnole. Enfin, dans quelle situation M. de Bismarck, par ses récriminations rétrospectives, allait-il mellre le roi de Prusse lui-mème ·? Celui-ci, malgré le discours de M. de Gramont du 6 juillet, a1•ail consenti ~
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