218 HISTOIRE SOCIALISTE avec la France. Il m·a dit que l'exlr0me modération montrée par le Roi après les paroles menaçantes du gouvernement français el l'accueil courtois fait par Sa Majesté au comte llenedetti, à Ems, après le langage sérieux tenu à la Prusse, tant par les organes officiels que par la presse française, produisaient dans toute la Prusse une indisposition générale. li avait, disait-il, reçu le malin .même des télégrammes de Brome, de Kœnisberg el d'autres villes, exprimant une désapprobation formelle de l'attitude conciliante prise par le roi de Prusse à Ems el demandant que l'honneur du pays ne soit pas ainsi sacrifié. « Le comte de Bismarck exprima alors le désir que le gouvernement de la Reine saisit une occasion (si c'était possible, par une déclaration au Parlement) d'exprimer sa satisfaction de voir la difficulté espagnole résolue par l'acte spontané du prince Léopold, el de reconnaitre par un témoignage public le calme el la sage modération du roi de Prusse, de son gouvernement el de la presse allemande. « ••. Le comte de Bismarck fil alors observer qu'il avait élé informé de Paris (bien que ce ne flll pas officiellement par le baron de \Verlher) que la solution de la difficulté espagnole ne suffirait pas pour contenter le gouvernement français, et que d'autres réclamations seraient élevées. Dans ce cas, dit Son Excellcn~e, il est évident que la question de succession au trône d'Espagne n'était qu'un pur prétexte, el que le véritable objet de la France était de chercher une revanche de Kœniggralz. « ..• ,'fous ne désirons pas la guerre, néanmoins nous ne pouvons permellre aux Français de nous devancer dans leurs armements ». « El il ajouta ces paroles oü se révélait sa volonté délibérée de la guerre : <( Après ce qui vient d'arriver, nous devons exiger quelque assurance, qt1elquegarantie qui 11ot1psrémt111isseconfre u11esoudaine al/aqt1e. Il nous faut savoir que la difficulté es,;agnole 1111foeis écartée, il n'existe pas encore quelque dessein mystérieux qui puisse éclater sur nous comme un orage imprévu. << Le comte de Bismarck déclara ensuite qu'à moins qu'une assurance, une déclara/ion ne (ûl don11éepar la France at1x puissa11ces européennes, dans une forme officielle, pour reconnal/re que la solution actuelle de la queslio11 espag110/erépondait d'une ma11ièresalis(aisanle aux demandes françaises, el qu'aucune autre réclama/ion ne semi/ soulevée plus lard, el si ensuite 011 11edo11nail pas Lint ré/racla/ion ou une explication satisfaisante du langage menaçant tenu par le duc de Gramo11t, le got1ver11eme11p/russien serait obligé d'exiger t1ne satisfaction de la pari de la France. « Il étai/ impossible, ajouta Son Excel- • lence, que la Prusse pût rester tranquille el pacifique après /'affront (ail au « Roi el à la nation par le langage menaçant du gouver11emenlfrançais. « Je ne pourrai pas, dit Son Excellence, enlreltnir dea rapports avec « /'ambassadeur dt France après le langage tenu à la Prusse par le ministre • des Affaires élra11gères de France à la face de l'Europe ». El l'ambassadeur résumait ainsi ses impressions : « // e,/ évident pour moi
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