J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE celui•ci Ms gartlnlics pour l'avenir. Esl•ce que l'écho des protestations l'iolt•ntes des bonapartisl<•s autoritaires suffol à troubler n:mpereur·> Lui parut-il impossible tle rompre avec ceux qui alTcctaicnl de vouloir lui maintenir ou lui restituer lïntégrilf de sa puissance el de son prestige? Pensa l•il que les manifestations tumullucuses d'une partie du Corps législatif traduisaient le vérilabk <'lai de l'opinion'! Précis,'menl, la formule dï11lerpellation lue par M. Clément Duvernois, à la séance de l'tlprès-midi, posait la question des garanties pour l'avenir: « Nous demandons à interpeller le gouvernement sur les garanties qu'il a stipulées ou qu'il compte stipuler pour éviter le retour <le complications successives avec la Prusse. » C'est selon celle formule qu'allait agir la diplomatie impériale, devan,:anl le Mbal. Ou bien, comme beaucoup l'ont supposé, l'intervention de l'impé-ratrire Eugénie fut.elle décisi,•e·t Sur ce point, le duc de Gramont a gardé le silence. )1. Emile Ollivier, que l'impératrice n'aimait pas el qui se croit tenu, dil•on, par une sorte d'obligation chevaleresque, n'a rien précisé non plus; il n'assistait point d'ailleurs à l'entretien de Saint.Cloud. L'historien officieux de ~I. de Bismarck, Sybel, essaie de démontrer lourdement que l'impératrice s'enfecmait dans sa dignité triste d'épouse olTensée, el qu'elle restait à l't!rarl des alTaires politiques. M. de Sybel a un but : c'est de prou,·er que la guerre a été voulue par la France, non par la cour des Tuileries, el qu'il 61ail donc légitime de continuer la luIle contre la France, même après l'elTondrement de la dynasliP. Mais loul Mmontre, au contrai're, l'action politique constante de l'impératrice. Pour n·en donner qu'un détail : quand l'Empereur cul son premier entretien (en janvier l&;ï) a\'CC )1. Emile Olli,•icr, sur l'orientation générale de la politic1ue de l'Empire, il le pria d'aller en conférer avec l'impératrice. Celle-ci suivait avec inr1uiélude, avec épouvante les progrès de l'opposition. Pensa•l•clle, comme plusieurs des fanatiques ,te l'Empire, qu'il était nécessaire de rétablir le prestige impérial pour assurer la continuité de la dyndstie'? L'Empereur était malade; le prince impérial élail jeune. llêva-l•elle d"assurer par l'éclat d'une victoire la transmission de la couronne'? C'est possible; ce fut l'impression des contemporains; certaines réticences de M. Emile Ollivier le laissent entendre aussi. Cc qui esl vrai, cependant, c'est que, dès avanl l'entretien de SaintCloud, le destin de la France venait de se décider par la demande du duc de Gramont ô M. de Werlhcr. Mois n'y avait-il pas eu déjà des interventions de l'impératrice? · Au retour de Sainl•Cloud, M. de Gramont, à i heures, télégraphie à M. Benedetti : • Nous avons reçu dès maintenant de l'amhassadeurd"Espagne la renonciation du prince Antoine, au nom de son fils Léopold, à sa candidature au trône d'Espagne. Pour que celle renonciation du prince Antoine produise tout son elTet, il parall nécessaire qut le roi dt Prus,e s'y auocit tl MUI donne l'assurance qu'il n'aulori,erail pas dt nouveau ctllt candidalurt.

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