HISTOIRE SOCIALISTE 199 zoltern, pouvait lui faire penser que nous avions le dessein de provoquer un conflit. .. « Je n ignore pas les préparatifs qui se ronl à Paris, et je ne dois « pas vous cache,· que je prends moi-même mes précautions pour ne pas être « surpris"· Sa Majesté a essayé plus tard d'atténuer la gravité de ces paroles en cherchant à me prouver qu'elle avail encore une entière confiance dans le maintien de la paix. « Elle ne sera pas troublée, a dil le roi, si l'on veut « attendre à Paris •1ue je sois en mesure d'y contribuer utilement el en me « lai0 sant le temps qui m'est nécessaire. » Après tout, c'était la paix : car plus le Roi prenait de précautions pour que Je désistement du prince de Hohenzollern parût venir de l'initiative de celui-ci, rlus il est évident qu'il complait sur ce désistement, qui ne pouvait être refusé à son intervention secrète. C'est bien celte espérance qui anime Benedetti le 11, malgré le malaise de l'allcnte, lorsqu'il annonce au duc de Gramont que l'ambassadeur ùc Prusse à Paris, )1. de \Verther, va quiller Ems el revenir à son poste: « J'ai cru comprendrt>, d'après cc qu'il m'a dit, qu'il n'a d'autre mission que de chercher à vous démontrer la sincérité des sentiments du Roi, el du désir de Sa Majesté d'arriver à une solution pacifique, sans toutefois faire personnellement une concession qu'il juge incompatible avec sa dignité, ou, en d'autres termes, en laissant peser uniquement sur le prince de Hohenzollern la responsabilité de sa renonciation. ,, M. Benedetti précisait, d'ailleurs, sou espérance dans sa lettre particulière dn 11 juillet, 5 heures: « Vous voulez une réponse nette et immédiate; le Roi persiste, malgré tous mes efforts, à me déclarer qu'il ne peut 11ine veul prendre sur lui de donner au prince de Hohenzollern l'ordre de retirer la parole qn'il a envoyée au gouvernement espagnol. Sa Majesté me lais,e deui11er, el elle me me fait donner à ante11dre par son entourage, ainsi q11e volis le répètera ,If. de V.,er/her, que le pri11ce doit re11oncer spontanément à la co11ro1111qeui lui a été lJfferle, el que le Roi 11'hésilera pas à approL1uer sa réso/ulio11. li me dit, de plus, que la communication du prince ne peul tarder à lui parvenir, qu'il devrait la recevoir demain; mais il se refuse absolument à me donner rautorisalion de vous raire savoir, dès à présent, ce qui équivaudrait à un2 garantie ou li un engagement, que le prince retirera sa candidature. » Même en ces lermes, ce retrait de la candidature serait un grave échec pour M. de Bismarck el un grand succès pour la France; mais M. de Gramont accepterait-il qu'en ces termes la question fûl résolue·? li ne pouvait, si grande que fût son impatience, refuser au roi de Prusse le courl Jélai demandé. Le 11, au soir, à 6 h. 50, el ignorant enclore celle demande, il avait lancé une sorte d'ultimatum : « Au point où nous en sommes, Je ne Jois pas vous laisser ignorer que votre langage ne réponJ plus comme fermeté à la position prise par le gouvernement de !'Empereur. • ... Nous demandons que le Roi défende au prince de Hohenzollern de persister dans sa canqidalure, el si nous n'avons pas une réponse décisive
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