198 HISTOIRE SOCIALISTE reprll, par exemple, la délcslable polilique des compensalions lerrilori~les abandonnée depuis 1867; le danger élail que, dans l'incident Hohenzollern lui-même, il ne manœuvrâl Je lelle sorte que la guerre fOl inévitable. Le gou• vernemenl, !oui le gouvernemenl garda le· silence; c'esl alors pourlanl que M. Emile Ollivier aurai! pu défendre la polilique de paix. C'est alors qu'il aurait pu dire: :'ion seulement nous ne soulevons pas d'autres questions q•1e la qucslion Hohenzollern, mais, dans la limite même de celle question, nous ne cherchons à blesser personne. Ce n'est pas une 'victoire d'amour-propre que nous poursuivons, mais simplement, par le relrail d'une candidature dangereuse, une garantie de sécurité pour la France el un gage de bonne volonté à noire égard. Le silence, ou le quasi-silence des ministres aggrava le malaise el la tension nerveuse; el, malheureusement, M. Benedelli ne pouvait envoyer ce mèmejour, 11 juillet, une réponse décisive el qui pOl procurer une délenle, Dans son récent entretien avec ill. Benedelli, le Roi demandait encore un délai, Ah! s'il avait voulu conspirer avec l'orage eOl• il procédé autrement? Pourlanl, ses raisons élaienl plausibles. La crise avail éclaté soudain. Elle avait surpris le prince de Hohenzollern en des villégiatures lointaines. Le roi, pour expliouer ces retards, élail obligé de dévoiler peu à peu loules les machinations scélérates que le chancelier el lui avgienl préparées dans l'ombre. « Sa Majesté a lenu à m'expliquer l'absence du prince Léopold, el m'a appris qu'au moment où il a adhéré auX' pressantes sollicitations du maréchal Prim, il a,•ail élé enlendu que les Corl~s seraient convoquées après un délai de trois mois, el que la combinaison serail seulement rendue publique à l'ouverture de l'Assemblée. Le prince Léopold croyait donc qu'il pouvait s'éloigner sans inconvénienl, ne prévoyanl pas que le maréchal Prim informerail prématurément notre ambassadeur à Maùrid de l'arrangement qu'il venait de conclure». Mais enfin, les choses étaienl ainsi, el à moins de vouloir délibérément la guerre, il fallait accorder au roi de Prusse les quelques jours, les quelques hem·es qu'il demandait pour donner au désistement du prince Léopold un tour acceptable au souverain lui-môme. Il laissait échapper d'ailleurs, malgré son dessein de se mallrisor, une irritai ion croissante el un énervement dont l'insistance de la France n'était pas seule responsable. Surpris par une clarté soudaine dans une manœuvre qui avail besoin de la nuil, il avait conscience de ce qu'a de fâcheux u·nmauvais coup manqué; il esl toujours cruel à une llme scrupuleuse de ne pouvoir apaiser dans l'orgueil du succès le remords secret d'une entreprise immorale. En celte poslure délicate, il avait droil à quelques ménagements. Au demeuronl, après quelques paroles de dépit el de vagues menaces, il concluait par une nouvelle affirmation pacifique: « Il n'y a pas péril en la demeure, el un jour ou Jeux de retard ne sauraient rien aggraver. Le prince Léopold terminait une excursion· en Suisse el en Bavière, el noire insislance, quand il ne restait plus qu'un délai très court pour s'assurer des intentions des deux princes de Hohen-
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