J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE leurs, qu'il s·~tail mis en communication avec le prince Léopold el son père, pour connartre exactement la manière dont ils envisagent l'émotion provoquée par celle a!Taire el régler lui-même sa conduite; il a ajouté que, s'ils étaient disposés à retirer leur acceplalion, il approuverait celle résolu lion; qu'il allendail leur réponse, el qu'il s'expliqnerail plus complélemenl avec moi dès qu'elle lui sera parvenue. J'ai vainement cherché à savoir à quel moment Sa l\lajPslé recevrait celle réponse; le Roi m'a seulement dit quïl ne pouvait traiter un point si délicat par le télégraphe, en me donnant à entendre, toutefois, quïl ne saurail larder à connaitre le sentiment des princes. « Faut-il conclure, du langage que m'a tenu le Roi, qu'il a résolu de se conformer à nos vœux, en laissant au prince de Hohenzollern l'initiative de sa renonciation, au lieu de la lui conseiller, alin d'éviter ainsi de faire personnellemen't une concession qui pourrait être sévèrement appréciée en Allemagne, ou bien ne veut-il que gagner du temps pour prendre avant nous des dispositions mililaires, et laisser en même temps approcher la convocalion des Corlè-s, afin de soutenir ensuite qu'il convient d'attendre le vote de celte assemblée? En ne considérant que son altitude el ce que j'ai recueilli dans son entourage, j'incliuerais peut-être à apprécier comme plus vraisemblable la première de ces deux hypothèses, si nous n'étions autorisés à nous montrer incrédules ou du moins défiants. « Si la réponse du Roi eùl été simplement évasive, je ne me serais pas retiré sans le conslaler respectueusement; mais je ne pou,·ais rien objecter au désir de Sa Majesté de se concerter avee les princes de Hohenzollern avant de me faire connaitre sa résolution, au moment surtout oo elle me donnait l'assurance qu'elle ne tarderail pas à me mellre à même de vous en instruire. « Je reçois volrn dépêche en date d'aujourd'hui, 2 heures (c'est celle qui lui inlerdisail d'aller trouver directement le prince de Hohenzollern); je m'y conformerai. » Le rapport .el la lettre parliculière qui l'accompagnait ajoutent peu de choses essentielles au résumé télégraphique. S'il n'était pas convenu que, dans les relations internationales, faites de ruses el de violences, c'est-à-dire de barbarie, le mot de mensonge n'a pas de sens, le roi mentait quand il déclarait que SOG gouvernement n'avait pas été mêlé à la négociation : c'est M. de Bismarck qui l'avail conduite. Mais si le roi cherchait à dégager ainsi son gouvernement el à enlever Ioule signification politique à la candidature Hohenzolltrn, voulait-il seulement gagner du temps, ou bien rendre plus facile pour lui-même le retrait de la candidature? Pendant toul l'entretien, il s'eflorce de maintenir que Ioule l'initiative est venue du prince Léopold, el qu'il s'est borné à donner, comme chef de famille, son consentement. Pour bien marquer d'ailleurs qu'il n'a pris encore aucune décision, el qu'il ne donnera pas de conseils, il se demande si en retirant soo acceptation à l'Espagne le prince ne va pas déchainer eo

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