J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

t.xi HISTOIRE SOCIALISTE traités militairrs avec le Sud pour des guerres de conquNe; que prendrail-il ·! la Pologne. la Bavière, la Belgique, l'Alsace·? li semblait voir drs difficullfs cl des périls en Ioules ces annexions. Et toujours, cependant, c·csl dans l'b)pothèse d'une alliance de la France et de l'Autriche qu'il raisonne. Le prince Je llohrnloho note encore, à la date d~ '21 décembre ltlôS: « Frœbel a eu a,·ec llismarcl, une conversation d'une heure. Bismarck lui dit qu'il aurait à l'égard de l'Allemagne dn Sud une altitude passive. l,'él'Olulinn de /'Alle111a9nt pouvait hitn clw·tr encore /renie ans; c'était un grand mouvement qui avait besoin de temps. C'est du Parlement douanier que Bismarck se promet le développement des choses allemandes. li parle aussi de l'année 1861.iet dil <JUes'il avait pu alors unir à la Prusse l'Allemagne du Sud et l'.\utrichc allemande, il ne l'aurait pas fait, car il aurait rassemblé alors des éléments trop hétérogènes, el il n'aurait pu créer aucune organisation durable. • Etait-il tout à fait sincère·? Henon~ail-il à mettre lui-mênle le sceau à l'unité allemande, et confiait-il à l'avenir le germe robuste qu'il avail semé·> Laisserait-il son n'uvre exposée pendant un si long temps à toutes les surprises·? En tout ras il semble bien qu'il n'avait pas à celle date le parti p,·is absolu de la guerre contre la Franco. Un an plus tard, le ü juin 1869, )1. de )lollke s·entrctenail avec )1. de llohenlohc des choses de l'Allemagne du Sud: « li ne méconnaissait pas cc que nous avions fait jusque-là, mais il remarquait qu'il étail possible encore que dans une guerre avec l'étranger nous sui,·ions la politique de« l'arriver trop tard ». :'l'ous n'étions pas prêts, el nous sui\'ions celle politique sans nous rendre précisément coupables d'une rupture de contrat. .. Parlant de la guerre, il dit : • La France ne commencera pas la guerre si l'.\utriche ne marche point avec elle; les Français ne seraient point assez stupides pour cela. lis savent bien en efTel qu'il ne sont pas à la hauteur de la Prusse, s'ils sont seuls à l'allaquer·, et l'Autriche en ce moment n'est pas prêle. Si la guerre avec la France el l'Autriche éclate, la Prusse ne se laisserait pas troubler dans son vlan de campagne. On jettera contre la France toutes les forces de combat, et les Âutrichiens pourront faire pendant cc temps tout ce qu'ils voudront, dl1sscnt-ils marcher sur Uerlin. • Ce n'était pas une boutade: Les mémoires militaires préparés par M. de Moltke en vue <lela guerre dans les années 1869, 1869 et ISï0 sont loul à fait • conformes à ce plan. Lr chef de l'Etat-Major ne voulait pas diviser les forces prussiennes. Il porterait d'abord tout son effort sur la France, même si pendant cc temps l'armée autrichienne marchait sur Berlin cl occupait la capitale prussienne, rien ne serait perdu. La Prusse aurait accablé en quelques jou111les armées de Napolfon 111;le régime impérial déjà miné par l'opposition croulerait. Au gouvernement révolutionnaire nou,·eau, la Prusse ne demanderait aucun sacrifice ni d'argent ni de territoire; elle lui demanderait seulement de laisser s'accomplir l'unité allemande et de permettre le chtltiment de l'Autriche.

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