HISTOIRE SOCIALISTE vrai, mobilisé ses troupes pour assister l'Autriche; mais, en mème temps, dès que s'ouvrirent les négociations, elle songea à se sauver aux dépens de l'Autriche. M. de Beust le savait; et un article de la Neue Freie Press, au moins inspiré par lui, avait appris au monde ces combinaisons et intrigues de la Bavière: " Ce gouvernement bavarois, dont la politique ambiguë, dont les retards prémédités cl la mollesse à guerroyer n'avaient d'autre but que d'e.xploiter le confüt austro-prussien et le naufrage de la Confédération germanique pour y pêcher une Grande-Bavière, au iour même de la défaite; celle politique, celle stratégie bavaroise, qui eut une si grande part dans les échecs de l'armée du Mein el qui fut si funeste a l'Autriche, ne pensait qu'au moyen de s'assurer un avantage à notre détriment. Elle demandait l'amoindrissement de la Prusse; c'élail à l'Autriche de la dédommager des pertes que, dans sa vilenie, elle s'était laissé in0iger par la Prusse. On croyait donc à Munich notre prostration bien grande, puisque l'on aiguisait déjà les couteaux pour se tailler des courroies dans notre peau? Pourquoi pas, après toul O Ne caressait-on pas encore à Munich, en 186ï, la pensée d'incorporer éventuellement l'Autriche allemande dans la Bavière'! • M. de Bismarck e,ploitail ces premiers ressentiments de l'Autriche contre la Bavière. li disait à celle-ci : « Prenez garde, si vous ne restez pas loyalement avec moi, vous m'obligerez à m'entendre à loul prix avec l'Autriche, el c'est à rns dépens que je ferai ma paix avec elle: je vous livrerai. » ~I. de llismarck pom•ait donc attendre. ,\ la session du Parlement douanier d'avril 1868, il s'efforçait de faire écarler doucement, sans décourager d'ailleurs les nationaux libéraux, les motions qui tendaient à brusquer l'unité politique de l'Allemagne; il voulait donner aux Étals du Sud l'impression qu'ils n'avaient à redouter de lui aucune violence, el il ne pal'lail des probabilités de guerre a,·ec la France qu'en termes très prudents; il dilà ~I. de llohenlohe, le 28 avril, à propos des forteresses de Rastadt, t.:lm el ~layencc : « li faul mcllre l'Allemagne du Sud en élal de défense. En ce qui louche la guerre avec la France, il es/ aussi impos,iMe de dire là-dessus q11elq11ec/,osede cerlai11que su,• le temps qu'il fera au mois de juil/el». Mais il ne croil pas à la guerre, parce que la France y regardera à deux fois avant de se mesurer avec l'Allemagne. Le plan de campagne français consiste à lombcl' sur les 1::Latsdu Sud avec 50.000 hommes , cl à les obliger à la neutralité. Cc serail alors un moment difficile pour l'Allemagne du Sud, car la Prusse aurail à Coblenlz '200.000 hommes el bienlot 500.000, el elle marcherait sur Paris; mais cela demanderait quelque ternps. Si donc nous étions prèll! el pouvions arrètcr les Fran~ais, cela vaudrait mieux "· Il lui répélail le '2-1mai: « Les Français ne pomronl mettre en ligne que 3W.OOO hommes; l'Allemagne du Nord a 500.000 hommes à sa disposition.» liais il prétexlail qu'il oc voulait pas provoquer la rupture ni se servir de ses
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