J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE 143 chaque jour; quand, grùce à la force de celle nation héroïque, on dispose du n:onde en ce sens que de quelque colé qu'on penche on y amène la fortune; quand on est le plus puissant parmi les souverains; quand la destinée a épuisé pour vous Ioules lès faveurs; quand loul vous a élé accordé: quand, dans une existence légendaire, on est sorti de prison pour monter sur le lrône de France après avoir lraversé l'exil, quand on a connu Ioules les douleurs el Ioules les joies, il reste encore une joie ineffable à goùlcr, qui dépasserait Loules les autres el donnerait une gloire élernollc : c'est d'être l'inilialeur courageux cl volontaire d'un grand peuple à la .liberté ( Très bien! très bien!) c·esl de repousser des conseillers pusillanimes el sans foi, de se mettre directement en présence de la na lion. J'en réponds, le jour oit cet appel serait fait, il pourrait bien se trouver encore dtms ce pays des hommes uniquement fidèles au souvenir du passé, trop absorbés par les espérances de /'avenir, mais le plus grand nombre approuverait avec ardeur. Et quant à moi ... (Bruit; plusieurs membres à gauche: Parlez! parlez!) quanl à moi. j'admirerais, j'appuierais, el mon appui serai/ d'au/an/ plus efficace qu'il seMil complèlemenl désinléressé. (~!arques d'approbation. Mouvements divers.) » Hélas! esl-il permis d'ic!éaliser ainsi la vie de l'homme sinistre·? el peul-on ainsi parler de lui sans qu'aucun accent de la conscience mèle au moins une sourde tristesse el nn amer ressouvenir aux flatteuses espérances·> La seule réponse que pourrait faire ~l. Emile Ollivier c·esl que celle complaisance d'espoir élail la condition mème de son grand dessein polilique, cl qu'il ne poumil loul ensemble o0enser le ma!lre cl lui demander la liberté. Le 10 juin de la même année, il définit de nouveau sa laçliq':'e: « Après notre entrée, nous avons compris que nolrc présence dans celle Assemblée impliquait l'abandon de cctledoclrine d'impuissance elde faligue qu'on appelle l'abslenlion. Ayant abandonné l'abslcnlion. nous aurions cru manquer à notre devoir d'honnèles gens si nous nous étions réfugiés dans une opposition systématique qui esl la forme dcrni,'rc cl la p,lus honteuse de l'abslenlion (lrès bien! lrés bien!). Aussi, oubliant nos douleurs, nos blesrwres, nos ressentiments, les yeux uniq11ement fixés sur les principes, nous avons approuvé le gouvernemenl quand il s·y csl conformé; nous l'avons blàmé quand 1I s'en est éloigné. ,, De celle méthode qui n'es! ni le dénigrcmcn( conslanl ,li la complaisanl'c systémaliquc, il donne un• assez ferme exemple dans l'examen auquel il ;c li,.,.e, le 4 fGvrier 18(\:;, de l'enseml,lc de la polilique du gouvernement depuis 1861. A,·ant lout, au dehors comme au dedans, elle est faile d'irr,·solulion, d'incohérence, de contradiclion. li aide d'abord lïtalie à s•affran<"hir, puis il l'arrNe par le lrailé de Villafranca; puis, averli par lo soulèvemenl du peuple ilalicn, il laisse se produire, malgré Yillaf,·anca, l'annexion <le'\'aples, des duchés, des )!arches, de l'Omurie; cl le voilà qui, à propos de Rom<!, retombe ~n ses iuccrtiluJcs. Par la convention de scplembr·,,, il pose oellemeol eo principe • que Rome n'est ni aux calholiques, ni aux llaliens, qu'elle

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