JO.! HISTOIRE SOCIALISTE toujours là où ils se souviennent d'avoir été frappés au cœur. El quelle nation leur a porlé le coup·/ Quelle nation les a conquis el les a tenus sous le joug? La France de 1806 à 1815. Aussi esl-ce loujours conlre la France qu'ils s'arment cl se mettent en défense, même quand ils n'en ont aucun sujet. .. » Comment donc la France se pr~munira-l-ellc conlre le péril que lui fait courir l'hoslililé profonde el lïncurable défiance de l'Allemagne constituée? Chercherons-nous le salut dans des alliances·/ Coaliserons-nous notre dépit a~ec la rancune des vaincus de Sadowa? ~,Nous unirons-nous à l'Autriche? Ce serait épouser la défaite méritée. » Ou bien cherchernns-nous à nous consoler par de sordides el iniques compensations territoriales?« Irons-nous, comme quelquesuns nous le conseillent, nous ruer sur la Suisse, sur la Belgique, c'est-à-dire sur les petits peuples désarmés qui nous entourent, el prendre sur eux notre revanche du lorl que les puissants nous onl fait·?» Quelles généreuses compensations! Quel beau couronnement à nos idées de justice! Ce sera il là, sans doute, notre nouveau 89. Mais ces pelils peuples répugnent à une communauté d'avenir avec nous. lis se sont fait une vie propre, nationale, distincte de la nôtre. Où est l'avantage pour nous de nous donner, par la force, des membres morts? D'ailleurs, cc qu'il y a de nouveau dans le monde ce n'est pas une formation territoriale plus vaste à quoi il pourra ôtre fait équilibre par des remaniements territoriaux; c'est l'avènement d'une force morale,. d'une conscience nationale: « Considérez que le changement qui s'accomplit de l'autre côté du Rhin ne consiste pas dans l'acquisition de terres nouvelles; il consiste principalement dans l'essor de l'esprit national, dans la création subite d'un nouvel être moral, la pairie allemande. Ceux qui ont été vaincus se disent qu'après tout ils l'ont été par des compatriotes; les blessures reçues portent ainsi leur guérison avec elles-mêmes. li ne s'agit pas de conquêtes purement matérielles comme dans les Lemps ordinaires. Mais les membres épars d'un même corps se réunissent el s'animent d'une même vie. li en résulte une force immense el celle force se développe chez des peuples dont il est aisé d'exciter les ressentiments contre nous. La balance de la civilisa lion oscille en ce. moment, ou plutôt elle penche brusquement du côté de l'Allemagne. « Que mellrons-uous donc dans l'autre plateau pour rétablir au moins l'équilibre'? L'épée de Brennus n'y suffirait plus. Quelques enclaves de la rive gauche du Rhin? Saarbrück ou Luxembourg? li a suffi de prononcer quelques noms de villages pour éveiller un long cri du Rhin à !'Elbe. D'ailleurs, encore une fois, l'Allemagne grandit en ce womenl par une idée commune à tous les Allemands, concertée depuis le commencement de ce siècle, poursuivie sous les formes les plus opposées, enfin obtenue el réalisée ou près de l'illre: la Patrie, l'IJnilé el la Nationalité. li s'agit Je faire contre-poids à celle pensée par une autre pensée également ajournée, toujours convoitée, toujours reprise, et qui est pour la France ce que l'unité eat pour l'Allemagne. Dites si vous en voyez
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==