82 IIISTOIHE SOCIALISTE YÎ<'r J8:;0, après une rncna<"·c de l'ambassacleul' d'Autriche, f~sterhazy de demander ses passeports, cl sui· les conseils du roi de Prusse, le tsar cédait. l'n congrès se rèunil alors pour régler définitivemenl les questions orientales. Les diplomates français avaicnljoué pcndanl la guerre, dans les négociations dont Yiennc élail le ccnt,·c, un rt)le assez important pour que le Congrès se réunit à Paris. l.'œu,-rc en fut aisée et prompte : on négociait, on l'a ,·u. depuis longtemps. Kn deux jours, le 28 février cl le l" mars 18:i6, deux points furenl réglés: l'abnlilinn du protectorat russe dans les principautés el la sntl\·eraineté ollomane garantie par l'F:urope. Les ll.usscs reprenaient Sébastopol el Aland, mais 11epouvaient plus les fortifier. Le 1, mars, le point le plus délicat était réglé : la neutralisation de la mer ~oirc ctait solennellement proclamée._ Enfin. le o, la libre na,·igalion du Danube était établie, sous le contrôle d'une Commission i nlcrnalionale. L'.\ngletrrrr avait ce q11 1ellc désirait: Palmerston pouYait prorlamer la paix<< bonne, C'x.cellentc, avantageuse». De leur côté, les F1·a1H'ais cl leur Empereur étaient égalcmcot satisfaits. Les nns se félicitaient que le Congrès de Paris les vcnge;it des humiliations de 18'10: cl ils comparaient, non sans orgueil, le nouveau Congrès, solennel• lcmenl présidé par le neveu, ù un _autre Congrès, it celui de 181;;, oi, l'Europe YÎ<'loricusc aYait écrasé la France napoléonienne el révolutionnaire. J)aut,·c aussi était heureux. I.e 1() )!ars, l'impératrice Yenait de lui donner un fils; cl le 30 Mars, la paix européenne heureusement conclue, sous son patronage, assurait l'avenir de sa dynastie. « ll y a eu, disait un témoin,. dans notre histoh·e nationale des époques autrement glorieuses au point de ,·uc militaire; je n'en connais pas où le gouYcrnemenl de notre pays ait été entouré au dehors de plus d'estime cl d'admiration •· Celle fois, lï•:urope entière avait reconnu et célébré le :\'apoléon; la France, glorieuse. semblait a,·oir oublié décembre. Lorsqu'il ounait le 1() Février 185i la dernière session du Corps législatif, élu en 18:.2, J'f:rnpcreur pouvait ainsi résumer l'œun·c des cinq années qui ,·cnnient de s'écouler: (( ~lcssieurs les députés, disait-il, puisque cette session csl la dernière de Yotre législature, pcrmeltcz moi de vous remercier du concours si dévoué et si actif que vous m'avez pn'lé depuis 1852. Yous avez proclamé l'l~mpire; vous vous êtes associés à toutes ks mesures qui ont rétabli l'ordre el la prospérité dans le pays; vous m'avez énergiquement soutenu pendant la guerre; ,·ous avez partagé mes douleurs pendant l'épi~émic et pendant la disette; vous avez partagé m'a joie quand le ciel m'a donné une paix glorieuse cl un fils bien-aimé; votre coopération loyale m'a pc,·mis d'asseoir en France un régime basé sur la volonté et les intértlls populaires. C'était une tâche dirficilc à remplir, et pour laquelle il fallait un ,·éritahle patriotisme, que d'habituer le pays à de nouvelles institutions.
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