80 Il ISTOIRE SOCI.\LISTE :'t ne plus éprou,·cr que les sursauts stupides de« l'amour-propre national u. « On ch('rchc-rail inutilcrncnl, constate ~I. Bonl'gcois, dans le manifeste lu par ordre de l"Empcrcur au Corps l~gislatif, le 3 mars 1854, une seulP indication d'avantages analogues ù ceux quC' l'.\nglclcrrc allcndait de celle enlrcpl'Îsc ». Pour justifier l'entreprise, i'iapoléon Ill faisail appel aux sentiments nationalistes: soit ù ceux des républicains, hostiles aux RussC's, anx cosaques, dcslruclcurs de nos gloires nationales, cl il se faisait applaudir par Ilarbès c-t Chalain ; soit à ceux <les nationalis\cs déri,·aux, qui auraient ni a,·cc colère leur Empereur abandonner une politique « que depuis des siècles tout gouw•rncrncnt national avait soutenue» en Ül'icnt. L'honneur de la nation, telle <'tait la raison que :'iapoléon Ill invoquait; cl il escompta il toute la populariu~ que son gou,·crnement allait en recueillir. ,c Xullc part, a dit un diplomate saxon, nulle par·t plus qu'en France, la politique étrangi-r-e ne dépend de la politique intérieure, et nul ne le sa,·ait mieux que ~apoléon 111. » C'est alors que la parole fut dite: elle ne fut jamais aussi vraie. Il 11c nous appa1·ti<'nl pas de retracer ici la guerre sanglante <1ui se <lC'roulaalors en Crimée. 1/.\nglctcnc, démasquant s011 programme a,·ait propose ù :'\apoll•o11,dès mars J8jt,, une expédition en Crimée et en Finlande: <'liey YOyait l'axanlagc de détn1irc la puissance maritime de la Russie, cl po11t· l'armée napoléonirnne c'étaient là de gloriruscs expéditions. - Dans la Baltique, les flottes alliées s'arrètèrent aux îles d'.\land. D'autre part, cc ne ful qu·cn septembre que les troupes, débarquics en mai ù Gallipoli. furent transportées en Crimér. Elles étaient ravagées par le choléra; et c"étaiL it l'automne, sous le feu d'une citadelle comme celle de Sébastopol qu'elles a1laicnt ("0mmcnccr (( celle expédition des Argonautes ».. \,·ant <l'cntrcprcndr·e le sii·ge, ou pour défond,·e les travaux d'approche, il fallut livrer de mcurtriè,·esbatailles: !'Alma, Balakla,·a 2:; Üclobrc), lnkcrmann \5 i'fovembrc. Les difficultés du ravitaillement s'ajoutaient à celles de la lulle contre des adversaires qui se dtifcndaicnl en désespérés. Tandis que la guerre se déroulait, les diplomates agissaient.En J uillct l8:i4 on avait cru un momenl que l'Autriche alla il entrer dans la lrrlte. • l~tonnanl le monde par son ingratitude» elle avail au contraire contraint le tsar de faire é,·acucr par ses armées les principautés danubiennes. El elle méditail de s'en emparer. La guerre sembla même un moment sur le point de devenir générale. Mais alors :'Il. de Bismarck, diplomate encore obscur, commença de faire sentir son influence dans les conseils du roi de Prusse. Il vil le danger qu'il y a"ail ,, laisser l'Autriche, qui avail humilié la Prnsse ù Olmiilz el réétabli sorr hégémonie sur l'Allemagne, remporter en Orienl de nouveaux triomphes. Il sul grouper contre clic, air momenl o,,, d'accord avec les puissances maritimes, elle cn"oyail une sorte d'ultimatum à la Russie, loulès les petiles puissances allemandes hostiles à son extension; et, par l'opposition de l'Allemagne, l'obligea à s'arrêter sur la pente de la guerre 1üctobre 1854). La
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