ï8 JIISTOIRE SOClALlSTE el celle.ci lui donna scc1·ètcrnc11t l'assurance qu'dic les annulait. Il y avait cxart.rmcnl un mois qu'rlle Ies avait données à la France (ma1·s 1852. En scptrmbre 18.~,3, Latins et Grecs, en Terre-Sainte, s'autorisant des co11tcssio11s ,·ontradictoires de la Tu1·quic, faillirent en venir aux mains. :\lais c'est aux Latins que le commissaire turc SCll'lbla donner 1·aison . .\lors, le 1··• :\Jars l8:i2, croyant pouvoi,· compter sur la neutralité bien- ,ciHanle du ministère tory en .\nglctcl'l'e el au besoin sur l'aide de L\utrichc, la Hussic lit un éclat. I.J11 ambassadeur cxlraordinai,·e, le princeamirnl ~lcnzikofl' débarqua à Constantinople, en grand appareil, au milieu des acclamations de tous les C1·ccs qui semhlaient venir saluer en lui le tzar libérateur. Pal'lanl c11 maitre aux Turcs atterrés, il renversait le ministre coupable d'avoi,· trompé la llussie, Fuad-Pa.-1,a, ctbientot présentait au nouvèau ministre, le traité qui dc,·ait placc1· ofTiicicllcment tous les chrétiens g1·ecs sous la protection de la Russie 31 mars 18:,a . Jusqu'alo,·s, jnsqu,, cet <'clat de :\lcnzikoff, le gou,·ernement de .'\apoléon J 11 avait Cl'u la paix possihlr, cl il a,·ail tnl~mc manifesté son inte11Lion de faire des concessions pour la maintenir. Dans les conseils du prince, autour du sage ministre des affaires étrangè1·es qu'était :\l. Orouin de Lhuys, on trouvait les fanfares des journaux catholiques ridicules, cl l'on niait l'intention de conquéri,· Jérusalem ou de chercher querelle it la Hussic sur la question des Lieux-Saints. L'empereur au,·ait bien \'Oulu do11ncr à ses amis catholiques u11eapparence dt gloire, par des ententes diplomatiques. :\lais il ne pou\'aÏl se résigner à la guerre; la promesse de l'Empire pacifique était encore trop récente. Et cependant pournit-il ne pas répondre au défi de Nicolas I":' Lui, l'héritier de la tradition 11apoléonie11ne, pou mit-il subir nn semblable affront? Un Napoli-on pou"ait-il lai~scr porter atteinte à l'honnrur du nom français sans perdre du mèmc coup sa popularité' La nation voulait sans doute l'ordre intérirur el la paix, mais aussi une situation cligne et glorieuse it l'c~téricur . .'\apoléon donna J'o1·dre à sa Ootlc de quiller Toulon, le 20 mars 18:i3, cl d'aller attendre les•éli·ncments dans les eaux de Salamine. Cependa11t, satisfait d·avoir manifesté sa force. il laissait ses ministres uégocicr ù Constantinople, pl'éparci- l'apais<·mcnl, si possihle. Et de fait, quelques scmaÎtH'S plus lal'd, le 18 mai, après celle alerte, la ·paix semblait assurée : le sultan d'une pal'l restreig11ait u11 peu les concessions faites :tux Latins, - et de l'autre se bornait i, garantir le lib,·e exercice de la religion grecque cla11sl'Empire. Latins cl orthodoxes avaient fait des concessions. Trois jou1·s plus lard. tout était rompu. Le ministre concilialenr était renversé; H.cschid-Pacha, par\'enu a~ pou,·oir, ne "oulait faire aucune con• cession. :\!enzikoff, furieux, repartait pour Pétcrsbourg. Le 31 mai, ;\icoJas I" envoyait un ultimatum. C'étaient les intrigues sarnntcs de l'ambass~deur anglais, lord ~lratford Hedcliffie, obstiné à combattre l'influence 1·ussc, c'était
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