IIISTOinl·: SOCIALISTE dcu)._ métiers SOll!'I Ir eonlrùJc de l"autorilé municipale: il savait, pour en avoi1· profité, cc qu'il en coti lait ù un gouvernemçnt de ne pouvoir a.ssurel' à chaque citoyen le pain el la ,·iande, et il s'imaginait faussement que la su•- Yeillancr étroite des bouchers cl des boulang·ers permettait de l'assurer. Depuis. on sétait rendu compte de l'inetncacité de la surveillance. Le Serond Empire se/força par une réforme habile de mériter les sympathies du petit rommcrcc, tout en apaisant les inquiéLudes de la classe ouvrière. Pour la hourheric, le décret du 2'1 fé\"l·ier 18.)8 supprima la 1·églementation el le monopole, et déclara libre la profession de boucher à Paris, en la soumellant ~rul('rncnt aux l'ègles de la salub,·ité publique. Le gouvernement n·aucndait pas de la concurrence nouvelle que le déc,·ct allait faire naitre une dimi11ution notable du prix de la viande; mais, comme l'indiquait Houhcr dans le rapport annexé au décret, il tcnail lout à la fois à sl1pprimer le privilège, l'exception, et,, n affranchir l'administration de la responsabilité pleine de périls que faisait peser sur elle 1111 pri\'ilège, sujet,, abus, institué par elle et dont elle n1était pas maitresse de régler !"usage,.,. La boulangerie, elle, dut attendre plus longtemps. Le souvenir des disclles récentes était vif. Et la question du prix du pain préoccupait vi,·e• mcnl le gouvernement impérial..\ aucua prix, il n'aurait ,·oulu ètrc un gouvernement de pain cher. Et les procureu1·s génl·raux lui rappelaient constammrnl dans leurs rapports, qur les récoltrs étaient rnauvaiscs, rt que les cll·rnagogues en accusaient l'Empire. On réglementa donc encore, mais avec habileté.,\ Paris, on créa la caisse de service ponr la boulangerie (27 cléccm• hre 18:,3. Le mécanisme en était simple : pendant les temps de disette, le pain était maintenu au prix <le 40 cchtimes le kilogramme, la caisse payant aux boulangers rexcédent de leurs dépenses; pendant les temps d'abondance. le prix de t,O centirncs était maintenu, mais les boulangers remboursaient la caisse. De 1833 jusque Yers le milieu de 1836, la caisse dut a,·anccr .;:i millions et demi: de 1836 à 1863, elle liquida son passif. ~lais ce mécanisme ingénieux était fort coti Leux : les sommes utilement employées cotill·rent :JOOO de frais. En outre, pour le faire fonctionner, il fallait que la caisse fùt seule chargée de• tous paiements de pains et farines, sans aucune exception , ; et pour que le contrôle fùt possible, ou fut amené à limiter en banlieue, puis à Paris mème, le nombre <les fonds. La situation créée par ces l'èglPments était lourde aux boulangers : les querelles, que cherchèrent les pütissiers à ceux d·cntre eux qui faisaient des g,lleaux, démontrèrent une fois de plus qu'il fallait inaugurer un nouveau régime. Le préfet de Paci:s, Haussmann. rè,·ait, lui, de substituer à toutes les boulangeries quelques grandes manutentions municipales. Dès 18;;7, le Conseil a'Ètat fol • saisi de la question. li fallut attendre le 22 Juin 1863, pour qu'elle fùt tranchée. Elle le fut clans le sens de la liberté. I\Iais la caisse de compensation subsista, alimentée cl(·sormais par un cll'Oit d'entrée sur les farines; et l'aut?rilé municipale conserva clans toutes les communes le droit de taxer le pain.
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