Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIAI.ISTE prl"Ssc sans l'opprimer ... Et ils 8\'ouaicnt qoïls frappaient 11H\mc les « allaqucs dissimulées •, Jcs articles oi, sr manifestait • unr tr11ùa.nce hostile•· Inconscience ou cynisme, ces a\·tu,-là dispc11se11t d'apprl•t·ier. La prcs,e est aux mains des préfets: il est facile désormais de tra,·ailler et fausser ropinion. Par une hypocrisie de1·nière. le gouYc1·11cment avait décidé qut:· C'haque parti aurait encore, mais sous son ,~truite surn•illanc<-, un jounrnl. le Conslilulionnel, la Patrie, le Pays auraient l'hounrur de <Ufcndrc le ~011,·crnc• ,ncnt. Le Jhm;teur. d'aill<'ur$, s'en chargeait. ,~t sa,·ail joindre le plai<lorcr aux documents officiels. ~lais ~I. ~liri·s, le gros finaneier. et se, amis de la Bourse, tenaient à faire des affaires: le journalisme officieux de,ait jouer sa partie clans leurs spéculations. L< 1 Constitutionnel cl Lr Pays consacrèrent l'alliance du g-ouvcrncm<'nl et dC' la haute- finance. l'n rx-dt;mocrate, M. .\rthur de la Gm;ronnière a,·ait assumé la rédaction en chef. Le Jo11rnal des Débats, sous ln direction d'Armand Bertin. défendait l'orl{•,rnisme; la Gazelle de Fra11,·e. l'Cnion dél"eloppaicnl avec quelque libcrt,; leurs théories d,;sormais inoffensives de droit di\'in rnèl,' de suffrage unh·crsel; et l'.Jssemhlée natiolln/e 1·cpréscntait ln fu~ion. Deux journaux étaient 1·épublicains ou considt~rès comme tels: le Siècle, de ~I. llavi11, et lC" CbariPori; el l'Unit1er.~ élait le principal orgaue du parti catholique. A dire vrai, t:e dc-rnier avait peu de mérite ~t vi, re: .. l'Cllivers ,~tait à i::cnoux clc,·ant l'Empire sorti du cour d'Etat • et son directeur c{•lébrait solennellement l'union, pour la l"ictoirc de l'ordre. de ces deux arm<'es: • l'une, comp!lséc de quatn· cent mille hommes de guerre. pleins de discipline el de jcuuesse, confiants dans le ,·ici! honneur de leur drapeau; cl l'autre, c!'lle que Napoh"·on 1er n'eut pas, cl q11'auc1111 peuple n'eut jamais peut-l\lre vue si florissante et si hel1c, l'armt'•(' de charité, forte de (piarante mil1c-pn.,tres et de cinquante mille religieuses •· .\u nom de tels principes, .. Louis Yeuillot pou,·ait librement parlt>r: le despotisme" impt~rial n'eut pas, dès les premiers len-iJlS de son existence 1< d"apologiste plus cff1·011té )). 'lais l'c,islcncc d'un journal ,_;publicain, à l'heure oi, lc•s chefs du parti et SC'Ssi1nplcs soldats t~taienl dispcrst;s clans l<'s capital(';;; t·trangères t..l sur les pontons. il l'heure oi, la République et le socialisme l'Onfondus étaient poursuhis et lraqm;s jusqu'au plus profond des fol'(~ts, cette existence demeure un problème cl elle doit t'l1·c expliqu,;c. 1.c mystère est d-'aillC'ul's simple: le Sii•cle était utile au go11v('r11cmcnl dans son jeu de l'opinion. Il parait que c'était ~I. de ~lorny, qui rantil 'iauvè au 2 dé<'embre, C'n faisant valoir l'i11tért'·t des actionnai rrs. :\1 ais son di re<·lcu 1· 1 ~I. lla, in, rautC'leux rt prudent - ., moitié normand, moitit; houapartistc, et rncore plus no1·mand que bonapartiste », - disait Pessard. ancit'u mrm• br~ de la gauche dynastique, sons la mo11a1·rhic de- juillrl, rallit: ~, la Républiqul' dans le triomph<' de l8'18, était aussi fort propre ù soulC'nir la seule opposition que le pouvoir cle,•ait tolérer. Ccuc oppo~ition mudt~rée,

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