Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

ldfi IIISTOIRE SOCI.\LISTE mesure pour imprimer l'élan napol~onien à ses troupes ». Quelques traits achèveront de marqHe1· cc qu'était le nou,·eau régime : un républicain fut condamné i., six mois de prison pour a,·oir colporté un porte-monnaie sur lequel se trouvaient les portraits de Kossuth cl de Ledru-Rollin. D'autres furent inquiétés pour avoir commandé ù un ou,Ticr des ,·erres de table sur lesquels on dm·ail graver l'effigie de la République, coiffée d'un bonnet phrygien; un autre enfin, pour s'être montré avec une cravate rohgc. ll va sans dire qur, suivant les traditions établies dès avant le coup d'lttat, les sociétés ouvrières, sociétés coopératives, sociétés de résistance, sociétés de SCl'ours mutuels, fu1·enl constamtnent su1·,·cillées el souvent poursuivies ou dissoutes, comme des foyers de républicanisme. Cependant que les opposants actirs étaient ainsi matés, Louis-Napoléon tcnu1il d'assurer et de développer son système de gouvernement. Par le plébiscite du 21 Décembre, 7.t.:39.216 oui conl.l·e (il,0.737 non et 36.880 bulletins nuls avaient approu,·é le coup d'ttat. Les listes électorales de 1849 qui aYaient été pr;scs comme base pour l'inscription, portant 0.Gl8.057 électeurs. il y amil donc eu, en dépit de toute la pression exercée, ,:rrviron J .500.000 abstentions. A Paris, il y avait eu U6.G9::l votants : 1:12.flSl oui, 80.ü!ll non, 3.021 bulletins nuls. Il y avait eu 7~>.102abstentions: le nombre des oui était demeuré inférieur à la moitié du nombre des électeurs inscrits. Le 31 Décembre, M. Baroche vint solennellement remettre au président un extrait du registre de la Commission consultative chargée du recensement des votes. Il proclama la confiance de la France « dans le courage et la haute raison » du prince qui lui /'avait demandé ►► un pouvoir fort. Et il l'invita à réaliser sa noble pensée:« Une liberté sage et bien réglée, une autol'ité forte et respectée de tous "· Et Louis-:'\'apoléon reprit : « La France a répondu à l'appel loyal que je lui avais fait. Elle a compris que je n'étais sorti de la légalité que pour rentrer dans le droit. Plus de sept millions de suffrages viennent de m'absoudre, en justifiant un acte qui n'avait d'autre but que d'épargner à la France et à l'Europe peut-être des années de troubles et de malheurs ... » Et plus loin : « J'espère assurer les destinées de la France en fon~ant des institutions qui, répondent à la fois et aux instincts démocratiques de la nation et i, ce désir, exprimé uni,•crsellemcnl, d'avoi1· désormais un pou,·oir fort et respectée. n Sur ces bases, le 14 Janviec 1852, une Constitution fut donnée à la France, Elle était inspirée, comme l'avait annoncé la proclamation du 2 Décembre, fi'. du système créé par le premier consul », de ce système qui « avait déjà donné à la F.-ance le repos cl la prospérité ». Le Président, élu pour dix ans, avait tout le pouvoir exécutif. Il était assisté de tr,,is corps : un Conseil d'f.:tat, nommé par lui et qui préparait les lois, un Corps législatif élu au

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