Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

,, 1() IIISTOIHE SOCI.\I.ISTE pays, jui,tillait toutes les mesures que le pournir allail prendre cont,•p les ,lt·m:q.{ogtH'-;. complices ou aulcu?·s de ces troubles. Cou,crts par la lt'·gen<lc of1i<·icll<•que- le <'oup d'Etat a, ail ._:té fait pour sau,•cr ln soriélt\ poli<·icrs. nu11,tistr.1h, préft•h ~<" mire-nt à J',.,u,-rc pour é,'rasor les anarehisLC"s. C'est 1111('epou,anlahle ,'poque que c·elle de celle pro,cription. Jamais JH'Ol-(~t,·e dans not1·c histoire. parti ne fut frappt'., traqm\ pc1·st~cuté rom111c le parli 11•publicain d'alon;. tout entier su.~pect de socialùuue. C..ar le fait est frappant que ce fut comnH' <lémag-ogucs C'l <.·ornmc rouges, comme pa1·ti~ans de la tran-.,formation sociale. comm~ partageux que les républicain~ d'ulors furent dsés. La pc111·de 18',8 subsistait, les hommes de décembre le sa,aicnl. Trcntc-dcu>. dt•parle1111'nls furent mis en !'lat de siège. Partout ou des ins11r1'("ClÎ011s'i-taif'nl p1·oduitcs, la répression fut tcrriblC".. \utour <le Clamecy, les c·ht>fs des colonnes mobiles c11n)yécs ù la poursuite des insurgés, aH1icnt l'o1·drc de fusiller tout individu pri~ les armes à la main, dl· tir<>r Mir quiconque cssaicl'ail de fuir de,·anl la force année; cl tous les bois fu1·cnt hattus par des bataillons dïnfontcrie autour de la petite ,ille. Dans le Crrs, dans l'lléra11lt, dans la Drùme, dans le Yar, les campagnes furenl occupées et parcoun1es en Lous sc11s par les colonnes mobiles. La peur des uns, la rancune des autres, toutes les haines locales déchainées secondèrent les tr,-,upcs, )a po)i<'e, la n.agist1·ature dans leur œuvre ignoble. « La moitié de la France dénonce l'autre», (•rri,ait C. Sand à ce moment sinist1·e. ~lais il ne s'agissail pas seulement de réprimer lés troubles: encore une fois il fallail ani-antir Je,, r·épublicains. C'était de cela qu'il s'agissait. Le 8 Décembre, le jour rn(·nw oir le président se félicitait par une proclamation de l'apaisement des troubles cl con, iait les citoyens à rnlcr, un dé<-ret clon11ail a l'administration la faculté de d,·porlcr à Cayenne, par mesure de silreté publique, e'csl-i1-ùirc sans jugement, les ancirns condamnés en rupture de han c.-L les in<li, i<lus reco111111s coupables d'avoir fait partie d'une société secrNe . .\vcc les méthodes de propagande qu'une réaction de deux ann(•cs arnient imposérs ,1ux républicains, tlVC<' l intcrprélatioo large el arbitrai1·c de l'Administration, peu de républi(·ai11s décidés <l<"vaient échapper. Et, au demcprant, par· une circulai,·c du JO l),.ceml,rc, le ~linistr·e de l'lnlérieur précisait ses désirs. " Ces misérables, disaiL-il, sont pour la plupart connus de tous; ils ne doivent pas jouir de la func•Le impunilé qui encourage la révollc et la guerre ei, ile. &, loi rtlllJ:P llU nombre tl<•,1 sot·ihé.,;; .w:cri!tr,.,· toutes les assoriolion, politiques qui e.ciMent salls avoir nccompli lrs /Ormalaés prévnrs par le dérrn du :lHJuillet JW,x. Si donc des réunions de cc genre ,·enaicnl à \e former, vous séviriez a\'CC rigueur conlrf' ceux qui en feraient partie. L,-s comités direc• Leurs de Paris onl pour coutume d'en,·oyer dans les dépulemcnts des émissaires chargés d'établir des centres de J)rOpag,rnde et de pervertir l'opinion.

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