Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

386 HISTOIRE SOClALISTE espérances des « .\rcadiens • pour user à son tour de tous les moyens traditionnels c_hers aux ministres de !'Empereur. Il avait déjà recommandé à tous les agents du pournir « une activité dévorante"· Yers la fin de la période, il convia aux rigueurs Je~ procureurs généraux. « H esl temps, écrivait-il, qu'on sente la main du gouvernemenl »; et comme il tenait à 1·cster d'appa1·ence au moins << le,, ministre libé1·al, il les invitait encore à respecter la liberté, mais e11ajoutant aussitôt que « la provocation à l'asssassinal el à la' guerre civile, c'est Je contraire de la liberté•· C'était ainsi contre les socialistes que i:\1. E. Ollivier allait surtout tourner ses coups. Jls devenaient en effet de plus en plus inquiétants, par leur propagande, par leur organisation, par leurs actes. Depuis l'assemblée de Lyon, en effet, pendant Loule la durée de mars et d'avril, l'Jnlernalionale n'avait point ralenti son ùctivilé. Le 23 mars, une uoU\·elle grève a,-ait éclaté au Creusot, causée cette fois par une réduction des tarifs, que l'administration avait décidée sans seulement prévenir. Assi et les lnlernatiouaux avaient depuis janvier poussé leur propagande: il se peut que la direction ail voulu eu finir, ·pa,· une bataille décisive. Uoe fois encore, toutes les sociél.és ouvrières se passionoê1 1enl pour cette lulle; la section parisienne, puis les différentes Fédérations ou sections publièrent des appels. 1\'lalon se rendit au Creusot comme correspondant de la ,1/a;seillaise, el comme l'écrivait Varlin, dans les« <!irconslances actuelles le voyage ne pouvait que profiter à l'Internationale. » ( Troisième pmcès, -p. 57). Au bout de quelques semaines, les violences gouvernementales et jucliciaires eurent raison des ouvriers. Un certain nombre d'entre eux furent condamnés à Autun pour faits de grève, au déb~t d'avl'il. Lei'' mai, Assi lui-même fut arrêté. C'était la fin de la lullc. ?,Jais si dure qu'elle eût été, el c1uelqu'effort qu'elle eût réclamé, elle n'avait pas absorbé Ioules les énergies de l'lntcl'DalÏonale. Partout le travail était intense. A Lyon, à la ûn de mars, on comptait 27 corps de métie1· affiliés à la Fédératiordocale; el lej10avril, la section stéphanoise se rattachait également,, elle .. \ Rouen, la section, grà~e aux efforts d'Aubry, publiait un journal, La Réforme 3ociale, el prenait l'initiative de l'organisation pour le 15 mai d'un Yérilable Congrès national. A Maneille, il y avait en mars 21 sodétés adhérentes à la Fédération, et celle-ci devenait assez puissante pour que la police englob,it Bastelica clans une affaire de comploL A Brut, Ledoré, t>n ami de Pindy, fondait une section. Après nne grande réunion, au début d'avril, Varlin fondait une section à Lille, et la mettait immédiatement en relation avec les Rouennais. Malon, de son c6té, ne perdait point eon temps, autonr dn Creusot. « Combien faudra-t-il rroir fondé de sections en province, pour mériter une

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