IIISTOIRE SOCI.\LISTE major ré\olutionnaire dC' l"Jntcrnationalc-di~posail de troupes nombr<·uscs cl cohèn•ntC's. En celte' fin de 18GH,au moment où ils se sculaicnl en possession de toutes leurs forc·es, le p1·oblème de la r,0,·olution prochaine dernil se reposer a,·et t>lus d'acuité encore à la conscience des militants. Sans doule, ilsélaienl tous d'accord pour ehercher ,, lu\Le,· une ré,·oluliou sociale. Sans doute aussi, ils estimaient tous qu'une révolution purement politique n'ayant d'autre objet 'I'"' la chute de l'Empire, ne ,·alait point la peine d'être faite pour la classe ouvrière. :\lais ils différaient entre eux sur la forn1e que devait prendrele procl1ain mou,-emcul, sur les rapports qui de,aienl exister entre Je moU\cmenl politique el le moU\cmenl social. Les uns, en effet, comme llichard, cl aussi, malgré la différence de son te,npérament ou de sa doctrine ~énéral<", ron11nC' .\ubry lui.même, uniquement préoccupés de celle n'rnlution sociale dont ils a1tend,1ienl l'explosion prochaine, el représentant dans les villes oü ils luttaient le seul élément révolutionnaire, se trcrn,·aicnt <'nlrainés à séparer absolument des idées poli• tique~ leur conccplion :-ociali.;le. Toulcs choses changées, ils traduisaient pour ainsi cli,·e sous une forme d,• plus en plus ré\'OluLionnaÏl'c l'étal d'esprit des militants de l8W,. à '(Ui l'on arnit pu reprocher de négliger la forme politique; cl la comparaison s'impose entre eux et certains de nos modernes syndicalistes. Qu'on me pardonne de faire encore ici de nombreuses citations .. \ défaut d'une étude .raimenl approfondie, et qui dena être appuyée sur un grand nombre d'autres docum('nts; ces citations donncronl à nos camarades uneidée exacte des conceptions et des sentiments des hommes qui menèrent alor, le mou,cmenl, avec une vigueur et uue ahnégalion admirables. Les leües que je cite sont d'ailleurs, je Je rappelle, pour la plupart, inédits. ,\ Houen, donc, Auhry, celui de tous qui était resté le plus attaché à la pensée proudhonienne, était peul-être aussi celui qui méprisait le plus décidément l'al'lion politique. Son unique préoccupation; c'était, comme il l'écri\3it à Richard le :!f; juillet i8fi9, • d'organiser les forces économiques et ré,olutionnaires du tra,·ail, organisation, disait-il, que Je troure beaucoup plus logique que l'agitation politic1ue pure <1ue veulent nous entretenir nos fameux démagogues dr 181,8 qui sentent combien nos comités seraient à naindrc, si des é,-ènemenls imprévus surgissaient». Trois jours plus lard, le 2\1, se félicitant des progrès accomplis el de l'allure du mouvement socialiste, il reprenait:• Je crois <1ue le moi en de le faire marcher le plus rapidement possible est d'entretenir constamment les masses dans un esprit exclusivement socialiste, momentanément en dehors de toute politique miliu.nte. :'ion pas qu'elles doi,ent oublier leurs droits, au contraire; mai• il faut bien leur persuader que s'organiser en vue de conquérir des réformes sociales, c'est marcher certainement ,ers des réformes 1>olitiques qui, jusqu'alors, n'ont étc rien à cause de l'absence des première•- Croyez-le hien, mon cher
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==