Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIIŒ SOCIALISTE de la g-auche parlementaire. Ils notèrent en cc jour toul i, la rois la déchéance cl<'l'Empire cl de la rl~,olulion bourgeoise. To,ll à fait signilicati,·c• à cet égard sont deux lcttr~s écrites alors par ilcnoil ~lalon à .\Ihc1·L Hichar<l:,, Il y a quinze jours, écri,ait-il an rnom("nl dl' la rccu ladc des d.-.putés, la date fatidique du ~Goctobre nous apparaissait lu1ni11eusc: aujourd'hui C'llc nous pa1·ait moins brillante. Que s·c-~t-il passé? Tout simplcnH"11l un fait capital dans l'hisloil'c de l'humanit,:. La boul'groi-..ic vient de prono11c('r son Îl'l'évocablr déchéancC" . .:\lise tout it coup en face d'une révolution immi11c11lc-et po1·tanl le socialisme daus ses flanc~, cllr s'est rcjct~c en Ul'rièrc dans un mou,·cment dr tcrrcul' el par l'organe- <le !'Opinion nntionale, de J. Simon à Saint-Etienne <'l du comité han<'clistc de Pari-., ù déclaré préférer l'Empire à un tel inconnu. Journaux liht•1·a11x, ho111·groi... influrnts, clépult;s de l'oppo!-ilion ont réussi, en unissant J,,ur couardise, à <'rC'ttSCr la désunion dans Ir parti démorratiquc C'l à changer un jour de YÎCtoire ccrlllÎne en une j,,urnt'c douteuse .. \près tout, '"a, nr nous en plaignons pas. Ces gens-Jà a\"airnt encore une certaine influence; ils \'Îrnncnt d'abdi- <p1cr. Désormais Je peuple sa111·a que c'est sur ses robustrs t•paulcs quel.out repose él, rom me il n ·a jamais crssl' d't'·t rc- logiq uc dans ses a<·tes, i I agi ra en co11séqucncc, et si l'E1npirc y gagne qnclques jours chose douteuse, il ne rrrulcra que pour mirux sauter. )les nombreux amis el moi sommes dc.'•eidés i1 faire le plus tôt possibJ,,, quoi qu'il a1TÎ\·c cl <'01He que colite, l011l notre drPoir. l.a situation pu•scntc rédame drs r(·solutions ,i1·ilcs cl d'énergiques agissements; ni l'un ni I1aulre ne lui feront défaul. c·esl tout cc que la discrétion de :\1. Yandal, le directeur des postes, me permet de te dire. L<·s réunioos de Belle,·ille, depuis les massacres d0 Aubin et la furie policifre du boui cvard exlérieur ont mi,; le comble à l'indignation g{,nérale, ont pris un aspect étrange. !1,000 hommes'- combattants futurs - viennent chaque soir dans l'immense salle des Folies. Leur attitude est à la fois énergique. résolue el calme. Des bandes innombrables d'agents de police, de municipaux sont blottis dans Jcs c{\rrefours environnants. Deux escadrons de ca,·a• lcric campent ostensiblement dans la <'our de la mairie, à ctté. «.J.ucl gouvernement promena jamais autant l'étincelle sur la poudrièr(' :• Du reste on voudrait, on provoque une émcufo partielle, le peuple ne Yeul qu'une révo~ lution cl se eonduit avec une sagesse qui doit donner beaucoup ù réfléchi,· à ces donneurs de conseil. Ce sera pour le 2û ou non, mais la bataille est inévitable.• La fin de la lettre indiquait que les ,ocialistes à leur tour sentaient le danger de cette journée, annoncée si longtemps d'avance, et dans laquelle ils n'auraient point trouvé l'appui de ceux-là même qui en rnaient fixé la date. Les socialistes, isolés, se rèfusèrenl à faire le jeu de l'Empire. :\lais la persistance même de leur agitation, après la reculade des libéraux, teur avait attesté leur force. « Ton appréciation du 2ü octobre, écrivait l\lalon à Hiehard vers le début

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