Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTülHI~ SUCI.\LISTE d'Etat se trou,ai,•nt cumpensi•rs par le maintien de :'Il. For,·ade de la H.o- <1uctte, l'homme des candidatures ofHcielles. :liais, par une impertinence :..ing-uli(·r<·,au momcnl rrn.\me oll il p1·odamait les droils uou,·caux du Corps h'i:islatif. il le prorogeait, le 1:1 juillet, sans que seulement la vérification drs pouvoirs fùt terminé<'. Sans doute le Sénat tnait (•lé convo<tuë d'urgence pour le 2 ao1\t; sans doute cn,·ore le projet qui lui avait été soumis, loin de restreindre les promrsses du mcssuge, lrs amplifiait, et, Ir (; scpternbrc, il n'avait l'Nlconlrê rnnlt·P lui que trois suffrages hostiles. :\lais les lergi,·crsations du poll\oir et toutes les 1·éserves, toutes les contradictions constitutionnelles que le prince 'iapolfou avait signal<'rs lui-m, 1me pendant la discussion au Sénat, n'étaient point propres i, apaiser les rt•puhlicains. Cc que manift>stait trnp clai,·rmcnt la prorogation du Corps législatif, ••'était unr fois encore Ir mépris de ce suffrage universd, don tics républicains rn!ô\scmhlairnlsi péniblt'mcnl les ruinrs cl quïls voulaient restituer dans son anriennr forrc. lnrnquant la loi fondamçntale de 18;;2, :Il. de Kérati-y avait rappelé que Ir g-ou,·cnwmcnt, en cas de-dissolution, de,·niLconvof(uer la nou• ,·clic asscmbli'c d~ns le délai de six 111ois.Or, le ùé<·rct de dissolution re111ontaitau 2î avril: la pseudo-session, ouve,te le 28 juin, ne pouvait compter; la Chambre devait Hre co,woqui•c le 1ü octobre. Quelque, députés s'asSol'ièn•nt il celle protr5.lation. Camh('lta é('riviL le l" octobre à l'..lvenir nalio11al qu'il fallait• en finir a, cc d'inqualifiables résistances-. I.e gouvernement rt'·pondit eu l'0nvoquant ks Chambres pour le 2() novcmb,·c. Cette <lat!" parut une bra,adc. L'animation grandit dans le paati r,·publicain: Gambetta tl\ait di·<·laré qu'il se rendrait le :.W ortohrc nu lieu ordinaire des st'ances. On s'allrndail à une journt'e. Ulc u'eut pas lieu; les députés républicains a"aient compris qu'ils allaient ,•11gag<'1'pré,natnrémcut une grosse partie. Ils reculèrent. Mais les irréconciliables m<'mcs perdirent ainsi de leur prestige auprès des socialistes et d,•s révolutionnaires les plu, décidés. Ccux•ri, en enct, O.\'aicnt suivi avrc une attention émue le mouvement rérnlutionnairc, dont les déput,•s républicains arnient pris l'initiathe .. \ Lyon, il :\l,,rseillc, les membres de l'lnte, nationale, revenus do Bàlc, se préparaient :1 agir. 1.e fj ortobre, après la lettre de Gambetta, Bastelica écrivait à Hiehard: • l\,'pondez-moi ou pins t<lt sur cette question: Pourrnil-on compter .--.urLyon pour faire uur grè"<' gJnénrlc, le 211 ocJobre seuler,u.•,ll? » llrus<1ucmcnt, l'idée de la grève générale, de la grèrn révolutionnaire dont le prolétariat allait user comme de son moyen propre, dans la bataille politique, réapparaissait. Elle ne surgissait plus accidentellement de la cer,·clle d'un penseur, d'un journaliste aux idées ingénieuses, comme en 18â:?; elle procédait cette fois directement du mouvement ouvrier lui-m~me. Plus que personne autre, parce qu'ils étaient plus prêts à l'action, les socialistes furent donc déçus. La journée du :.W octobre ache,·a de les •!!parer

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