IIISTOIHE SOCIAI.ISTE de l'état des esprits à Paris qu'en disant que la moitié de la classe ouvrière demande la liberté, tandis que le quart •lcmande plus ou moins radicalement r~galiL~: l'autre quart, exténué, contenu ou débauché, est indiffférent et sera de rads du plus fort. » Les élections approchent cependant; l'actidté républicaine ,, Paris esl i11teusc; le gou,·erncmenl renonce même à poser dans la capitale des candidnl ures officielles. Le succès de l'opposition est assez certain pour que les diJîércntcs lC'nd:rnces puissent opposer leurs candidats. Vermorcl lance contre les libéraux sortants ses rudes el fougueux pamphlets: Les hommes de 18',8, Les hommes de /8.,1; d'autres socialistes réclament a,·ec lui que des députés ouvriers, capables de traiter les questions ouvrières, remplacent à la gauche des r·éaclionnaires incapables. ~lais ce n'est point lenr bataille qui passionne. Cc qui tourmente le peuple électoral, c·est de sHoir· qui l'emportera des ralliés avoués 011 des républicains timides et des« irr-éconciliables ». Ce que la Joule attendra le soir du 21,mai, c'est l'issne de la lu Ile entre Cambella, le héros du procès Baudin, et Carnot; entre Jules Ferrr et Guéroult; entre Bancel el Ollivier; entre Rochefort el Jules Favre. Dans cette ,·aste mêlée politique, oü quelqucs-u ns des représentants les plus illustres de la bourgeoisie démocratique, tel Cambetla, soulevés par le flot populaire, aper{"oivcnt clairement l'avenir cl définissent ucttemcnt les devoirs d'un gouvernement républicain,on dirait que les militants de l'Internationale, d'ordinaire si pratiques et si clairvoyants, se sentent désemparés. ~lalon s'attardait à l'idée anachronique de l'abstention : il proposait à IUchard de rédiger sin1plement un manifeste abstentionniste signé des sections de Paris, de Lyon, de Marseille et de Rouen (li anil 6()1. Yarlin, lui, songeait depuis longtemps à reprendre l'idée des candidatures ouvrières. Dès le 8 janvier, en effet, il écrivait à Aubry : « Quant à la candidature ouvrière, je \'OÎS avec plaisir que vous ètes résolus à Ja poser. Lyon s'est déjà prononcé dans ce sens. Marseille nous a adressé une demande de renseignements. J'espère que nous allons bientôt nous entendre à ce sujet, et que, maigre les abstentionnistes, Proudhoniens c1nagés, nous entrerons dans la lice électorale concurremment a,,ec les républicains bourgeois de toutes nuances, afin de bien affirmer la scission du peuple avec la bou,-gt'oisie ». Contre Malon, qui tentait d'entrainer à l'abstention déclarée les dh·erses sections, ce fut à cette idée qu'on se rallia. Mais les militants socialistes, qui posèrent des candidatures dans certains milieux, ne retrouvèrent point dans leur campagne les sympathies el les forces qu'ils rencontraient par exemple lors des grèves dans les foules ouvrières. Les électeurs acceptaient bien les critiques socialistes contre les députés sortants trop modérés, contre Jules Favre, ~ontre Carnot, contre Garnier•Pagès, mais, en che1·chant i, faire échouer ces hommes, ils avaient surtout pout· but d'affirmer leur opposition irréductible à l'Empire, et c'étaient des ennemis notoires de l'Empire ou même de !"Empereur qu'ils se proposaient a'élire, des Gambetta ou des
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