Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHE SOCIALISTE cxt•i·s préparés par les commu1oistcs p. :J20J, Gambetta lui-même, nous l'avons vu, s'élevait contre • la politique démagogique • et risquait de faire croire qu'il n'était, lui aussi, qu'un candidat (p. 331). Les socialistes ne devaient donc pas trouver chez les républicains l'appui cordial qu'ils étaient en droit d'en attendre pour la diffusion de leurs idées. i\lème ceux qui, comme Chassin, le fondateur de la Démocratie, semblaient ouverts aux idées sociales et se flattaient de faire appel ,i toutes les \'ieilles écoles, excluaient de leur république les collectivistes et les communistes. Albert Hichard ne larda pas à l'éprouver. Comme il avait envoyé à Chassin un compte-rendu des Congrès de Bruxelles et de Berne, celui-ci lui répondait : • J'ai retu votre article el je le déclare tout net impossible. Les deux Congrès out été el sont encore fort exploités par nos ennemis. Si vous voulez rend,·e la République odieuse el rebonapartiser les campagnes [l'immense majorité du peuple français), vous n'avez qu'à parler de ,·omm,misme, de collectioisme. Je vous l'ai dit de ,·ive rnix etje vous le répète: le tort de la plupart des ouvriers socialistes est de se considérer comme seuls souffrants des iniquités sociales; oublier les travailleurs rustiques et parler de leur prendre la terre- ou de la donner à tous, cc qui est la même chose, - c'est les armer contre la Hévolution. :. 'Lellre communiquée par Albert Hicha,·d. Elle esl datée du 21 octobre 18ü8. i\lais, indépendamment de celle inquiétude persistante des rëpublicains non socialistes, la campagne élccloralC' elle-même, en rcmcltanl au premi -er plan la lullc conlre un gou\'erncmcnt détesté, de,·ail nuire à la propagande si brillamment poursuivie depuis quelques mois. La classe ou,·rière se préparait à ,oter a\'cc plus de passion encore qu'en 1su;J: les comités se mullipliaicnt; les électeurs entendaient celle fois se conduire eux•mèmes, choisir eux-mêmes leur candidat et lui imposer s on programme. Mais le programme, c'êlail d'abord cl avant loul le ramouflct à l'Empire. Les partisans de l'abstenlion dernicnta\'oir encore moins de succès qu'en 186:l. L'abstention - il faut d'ailleurs le l'econnaitre - n'avait plus la même opporlunilé, et ne pou ..ait a,oir rien d'elTicaee. • Les gros bataillons, écrh ait :\lalon à llicharcl le 1, anil 186!1, ne s'élèvent pas à la hauteur morale de l'abstentiqn. Il n'y a guère que les communistes de Bclle\'illc sur lesquels on pui,sc sérieusement compter. l.cs libérau:-. et ils sont nombreux sonl incorrigibles; les positivistes ils sont influenls1 se perdent dans les mo)ens de leur S)Stèmc, inabordable it force d'èti·c sa,·ant; les proudhoniens ils sont aussi 1·clativcmrnl nombreux ,oient la possibilité d'une rénovation sociale par la seule abrogation de rartirlc 2!11. .\ussi la bourgeoisie les -rnit-cllc sans celle horreur SAU\'3!,(C que lui inspirent les communistes. Les coopérateurs ils sont peul-être t,·enlc mille croient toujours à la possibilité (!'one rfvolulion paciilquc, et comme les proudhoniens, comme Bakounine, ils ne croient pas ù l'eflocacité d'une révolution politique; ou du moins, s'ils ne la nient pas d'une façon aussi nellc que notre peu logique cosaque, ils n'y ont pas une foi bien \Î\'e. - Je oc peux te donner une i<Meplus juste

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