IIISTOIRE SOCIALISTE -coopérateur et un syndiqué, et :\lalon le trou"ait tiède. ~fais il avait Yl°Cu l'érnlution inlellcclucllc de l'fnlcrnationale; il a,·ait peu ù peu comp,·is dans quel effort plus ,·astc l'action coopéJ'athc cl l'adion d" résistance d(•\'aicnt rentrer, cl il élait devenu tout à fait« collc-cti\'istc ». Tels furent les hommes qui, dans ces mois fié\'rcux de la fin de l'Empire, cherchèrent à réaliser, au 1nilicu même du mou\'Cmcnl révolutio11nairc, l'entière réforme sociale. Tandis que se SUC'(·l;daient ces Cvl•ncmcnts tumultueux, - élections de mai 60, agil'ution en ,·uc du 2f; oetubrc, élections complémentaires de novembre, assassinat cl cnl<'tTCrncnl de Yidor ~oir, grève du Creusot, plébiscite - qui passionnaient l'opinion cl parfois soulc,·aicnL le<; foules, lour à lour prudenls (!Lhardis, allcntifs (•Lsoucieux d'information, ils cherchaient par quels moyens, par quelle action quotidienne et persévérante ils luileraient « le rcnvcrsemcnl radir:11 de l'étal de choses présent, el l'application imrnédialc, s'il étaiL possible, des théories communistes \1 {Lclll·c de ~lalon à Richard, 28 mars 18G9. En ces heures de frémissement el ùe fièvre, c'est ce petit groupe qui représente dans sa pureté la naic préo ccupation socialiste. C'est lui qui tente de donnC"r au mouvcmcnL qui rayonne des grandes villes la cohCsion, l'unité qui l'empl~chcronl de déYicr vers la démagogie ou de s'attarder dans <les enthousiasmes purement politiques. Puisqu'il nous est difficile encore, eu quelques pages, de retracer pa1· le détail la masse des évCnemcnls ou des manifestations de loules sortes <Jui encombrant ces dix-huit mois 1 qu?on nous pcrrnelle simplement de les revin·e aux côtés Je ces militants, a,•cc eux, par eux. l .cs piêccs saisies et publiées lors du 3• Procès de l'Internationale Troisième procès de f/11/ernationale, Paris, 18ï0. ; les documents 1·éunis par James Guillaume (L'Internationale, Tome 1), enfin cl surtout l'abondante correspondance que notre camarade Albcrl Richard a bien rnulu mettre ù notre disposition nous onl rendu possible de comprendre ainsi, du point de vue même.de nos idées et de nos préoccupations les derniers mornenls du second Empire. · Au momcnl où ils recommençaient leur propagande, en celle fin de 18G8, les militants de l'lntcrnationalc se lrou,·aient en présence d'une situation nouvelle. L'ancienne OOnccption d'un groupement ouvrier isolé, et ferrné, -composé d'adhérents réguliers, tel qu'avait J'èvé d'ètre le premier groupe parisien, était périmée. Pour orienter la fouie ré,·olutio11naire, il fallait user d'autres méthodes. Les réunions publiques, depuis juin, restaient toujours en vogue. Le peuple ne se lassait point de ce plaisir nouveau: parler, discuter, penser. Les militants de l'Internationale comprirent que c'était là qu'ils devaient d'abord porter leur efl'orl. Ils se mulliplièrent. « A peine l'Cvcnus du Congrès de Bruxelles, écril Malon, ils pt·oclamaient l'avenir du socialisme dans les réunions publiques, et développaient ses principes fondamentaux. Le communisme, qu'on croyail enterré sous les pavés de juin, reparut plus formidable, et déclara ouve,·lemenl que l'ave11ir lui appartenait ». Le 27 novembre, \
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