Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOlRI•: SOCI.\USTE arri,·cr à la propriété collcclivc. Pour la dHensc de l_curs idtcs, Tolain cl Chcmalé th·aicnl encore rudcmcnl lutté. lis se lrou,·aiènl dt;passés. Les communistes de la deuxième Commission, « crnpèch,:s • de se rcnclrr au Congri·s par le gotl\'Crnsmcnl impérial, durent saluer a,·ec joie· it Sainte-Pélagie la résolution qui venait <l'être prise. Elle répondait 011til·rc111ent à leurs ,œux; elle indiquait avec une nclleté toute 11ou,·cllc vers quel but d<•vait s'orienter le mouvement révolutionnair«:'. ~lais ils furent moins salisfails de l'autre résolution principale prise par le Congrès de Bruxelles. Convaincus comme ils l'étaient '< que la g-ucn·c avait pour cause principale et permanente le manque <l'équilibre économique» et que, d'autre part, le corps social ne pou,·ant YÎ\'l'C si la produt'lion est arrêtée, (( il suUirait donc aux producteurs de cesser de pl'oduirc pour rendre impossibles les entreprises des gou,·cr11cmcnts pcrson11cls et despotiques », les cong-r·cssistc9' de Bruxelles a"aient pensé que le seul moyen efficace d'arrêlcl' la gucnc entre peuples ét;iit la grè,·c générale, cl ils avaient« recommandé aux lra\'aillcurs <le ~csser tout tr:n·ail dans k cas où une gucne viendrait ù cclater dans leurs pays respectifs » .• \ quoi pou,·ail servir dès lors la Ligue de la pai, cl de la liberté I Quels moyens nou,·ca11x les bourgeois pourraient-ils apporter pour anéantir la guerre? Si la gri•vc géné• raie seule était efficace, seule l'lnlcrnalionale pou\'ail l'organiser, cl les amis de la paix. n'avaient plus qu'ù se fondre dans l'association ou,-riè1·e.. \ l'in\"Îtalion qui lui avait été adressée de se fail'e représenter offtcicllernent au Congrès de Berne, le Cong,·ès de 13rnxcllcs répondit en déclarant ,, que les délégués de l'lnlcrnalionale croyaient que la Ligue de la paix n'a\'ail pas de raison ~rt'lre en présence de l'œuvre de lï nternationale, et invitaient cette Socié{é i, se joindre à elle ,. Il csl frappant de nolcr que Tolain, i\lurat, Chcmalé ne volèrent point contre celle résolution: sous une forme un peu différcnlc, clic répondait exactement à leur vieille idée de l'organisation isolée, loul à fait indépendante el se suffisant ~1 clle-mèrnc, que devait ètrc l'organisation ouvrière. On dirait presque qu'ils onl accepté la leçon donnée par l'Empire, par ses poursuites. Mais les membres de la deuxième commission ne l'entendaient pas ainsi. Ils avaient la nellc conscience que loul en travaillant à la réalisation des desseins particuliers de la classe ouvrière, ils ne pouvaient s'isoler de l'ensemble du mouvement révolutionnaire. Dans une lettre adressée aux membres du Congrès de Berne, ils rcgrcltèrenl la décision prise à l3ruxelles cl _déclarèrent« qu'au point de vue de la liberté dont ils poursui\'aient la conquête, le droit de se croire la. seule cxp1·ession des aspirations d'une époque ne pouvait appartenir à aucune association isolée». A l'heure mèrnc ol1 ils s'apprNaicnt à reprendre la lutte, les communistes de la deuxièn,c rom mission jngeaicnt de plus en plus nécessaire de collaborer à l'effort commun, contre l'empire, pour la liberté - pour lit liberté sans laquelle les r·éformes

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