32G IIISTOIHf: SOCIALISTF. plus de fol'ce que les accusations véhémentes ou les appels émus des rédacteurs du 1/é,•eil, .\u dcu1curant, quelques semaines plus t.ard, des manifestations nou- ,·elles allaient apporter aux vieux républicains des satisfactions plus hautes. Le 3 ao,it, malgl'é la.pression officielle, malgré les circulaires du préfet, opposaot ,, le p1·incipc conservateur du gou,erncmcnt impérial cl le principe 1·é,olutionnaire n, Jules Grévy, le démocrate radical de 18',8, l'adversaire de l'expédition rnmainc, était élu déput,· pa,· les campagnes du Jura. Le 21, paraissait le livre de Ténot, Paris en déambre 1~51, l'exposé modéré cl bonnète, net et simple, des origines et du dé,·eloppcment du Coup d'Etat. • L'o"' ,·age de~!. Ténot, écrivait Ranc à la fin de l'année, est plus qu'un liHe, c'est un acte politique, cl c'est aussi pour le pays le point de dtpart d'une situation nouvelle .. \.ux 1u1sil a l'appelé le passé; aux autres, il l'a app1·is • Ili/an de Cannée 1Kû8, p. 130".. .\ ceux qui l'igno,·aient, à ceux qui l'avaient oublié, le livre de Ténot rappela la plus illustre des victimes de Louis-Xapoléon, Baudin. De même que, l'année précédente, le jour des i\lorts, des républicains et des ou\l·iers avaient manifesté sur la tombe de ~lanin, le patl'iote italien, de mème quelques-uns se préoccupèrent de l'etrouver le 2 novembre, la tombe du député rép11blicain. Charles-Quentin, du Hé,•eil, Gaillard père, le cordonnier b.ahouvistc, Gaillard lils, cl Pcyroutoo retrouvèrent la pierre modeste, à l'inscription déjà un peu ciliwéc, qui marquait la tombe. Une court.e manifestation s'organisa. Le lendemain, l'1ll'enir Nalional et le Réveil, auxquels s'associaient bientùt la Tribune et la llei•ue politiqlle, prenaient l'initiative d'une souscription publiqlle pour élever un monument à ln ménwire de Baudin. Le G, une instruction était ouverte contre les manifestants etlcsjourna.listes. Alors d'autres jou.rnaux Ollvraient leurs colonnes; et les souscriptions arrivaient en masse. Victor Uugo, Louis Blanc, Jules Favre, P1évostParadol, Berryer enfin, à la veille de sa mort, envoyaient leurs noms. Le gouvernement hâtait les poursuites ; le délit invoqué par le ministère public était celui de• manœuvres 4 l'intérieur•· Le 13 novembt·e, Delescluze, Quentin, Peyrat, Challemcl-Lacour, Duret, les deux Gaillard et Peyrouton comparaissaient de,·ant le Tribunal correctionnel. Crémieux, Emmanuel .\rago, Gambetta et Laurier les défendaient. Un président, secrètement sympathique, permit aux avocats de tout dire. Gambetta, de sa Yoix tonnante, lan\'a contre les hommes du Coup d'Etat un acte d'accusation terrible. On sait les phrases désormais classiques et que tous les républicains récitèrent sur • les hommes sans talent, sans honneur, perdus de dettes et de crimes • qui avaient fait le coup d'Etat; sur Paris soumis, non, « assassiné, mitraillé •; sur le 2 décembre, annh·crsaire natio• nal, d(•laissé par les Bonapartistes honteux, et que les républicains re,·endiqtteraient et fèteraient • jusqu'au jour où le pays, redevenu maitre, ,•ous
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